Maylis de Kerangal est née en 1967. Après une enfance au Havre, elle poursuit ses études supérieures à Paris dans les domaines de l'histoire, la philosophie et l'ethnologie. Au début des années 1990 elle participe à une revue maritime avant de rejoindre les éditions Gallimard jeunesse, une première fois de 1991 à 1996 avant de faire deux séjours aux États-Unis, à Golden dans le Colorado en1997.Elle publie son premier roman, Je marche sous un ciel de traîne, en 2000, suivis en 2003 par La Vie voyageuse, puis par Ni fleurs, ni couronnes en 2006, et par Corniche Kennedy en 2008. Ce dernier roman figure cette année-là dans la sélection de plusieurs prix littéraires comme le Médicis ou le Femina.Elle crée en même temps les Éditions du Baron Perché spécialisées dans la jeunesse où elle travaille de 2004 à 20082, avant de se consacrer à l'écriture.Le 3 novembre 2010, elle remporte à l'unanimité et au premier tour le prix Médicis pour son roman Naissance d'un pont. Le livre remporte aussi le Prix Franz Hessel et est, la même année, sélectionné pour les prix Femina, Goncourt, et Flore. En 2012, elle remporte le prix Landerneau pour son roman Tangente vers l'est paru aux éditions Verticales.

Les petits cons de la corniche" La bande. On ne sait les nommer autrement. Leur corps est incisif, leur âge dilaté entre treize et dix-sept, et c'est un seul et même âge, celui de la conquête : on détourne la joue du baiser maternel, on crache dans la soupe, on déserte la maison. Le temps d'un été, quelques adolescents désoeuvrés défient les lois de la gravitation en plongeant le long de la corniche Kennedy. Derrière ses jumelles, un commissaire, chargé de la surveillance de cette zone du littoral, les observe.Entre tolérance zéro et goût de l'interdit, les choses vont s'envenimer... Apre et sensuelle, la magie de ce roman ne tient qu'à un fil, celle d'une écriture sans temps morts, cristallisant tous les vertiges.

 

Une écriture éblouissante, incroyable. Il ne se passe pas grand chose dans ce livre, juste des plongeons vertigineux de jeunes à la recherche de sensation forte et pourtant, grâce à un pouvoir magique de grand écrivain, Maylis de Kérangal réussit à nous faire attendre chaque saut avec impatience. Un petit bijou.

Gwen

De battre mon Cœur...Réparer les vivants ne parle pas d'une transplantation cardiaque. Le sujet DU livre de la rentrée littéraire de janvier, c'est la langue et son pouvoir de - effectivement - nous réparer. On est emporté par la houle de ces phrases, par la jubilation du vocabulaire autant que par l’incarnation des personnages de cette histoire brûlante de mort et de vie. Ce roman est une chanson de geste qui célèbre l’œuvre humaine et l’héroïsme modeste, un texte magnifique dont la prose chamanique accélère le pouls et le cœur pour nous faire sentir plus vivants encore. Réparer les vivants, c’est le titre de ce livre aux éditions Verticales, est-ce aussi l’ambition de son auteure magicienne ?

Pierre

Un voyage à bord du Transsibérien. A l'intérieur se trouve Aliocha, jeune russe de 20 ans qui part faire son service en Sibérie. Au cours des longues heures passées dans le couloir, il découvre les appelés avec qui il vivra pendant de longs mois, des jeunes hommes brutaux, vulgaires, toujours prêts à boire et à se battre. Aliocha décide alors qu'il n'ira pas jusqu'au bout de ce périple, synonyme d'enfer. Son besoin de déserter est viscéral. Il se fait aider par Hélène, une française de 35 ans qu'il ne connaît pas et qui est montée dans le train pour fuir une histoire d'amour . Pendant quelques jours, ils partageront désespoir et solitude.

 

L'écriture de Maylis de Kerangal est éblouissante. Presque de la poésie. Des longues phrases, coupées de virgules, des cascades de mots parfois associés de manière étonnante. Elle a l'art de donner de l'importance aux petits riens de la vie quotidienne. J'avais déjà adoré Corniche Kennedy dans lequel elle nous tenait en haleine avec des plongeons de plus en plus dangereux de jeunes dans les calanques à Marseille.

Incontournable, coup de coeur partagé par Hélène et Pierre.

ni fleurs ni couronnes

 

Un des premiers livres de Maylis de Kerangal. Deux nouvelles en miroir dans lequel le plus fragile n'est pas celui qu'on croit.

1915 en Irlande, une jeune femme attend son fiancé mais le bateau fait naufrage au large des côtes. Avec un inconnu de son âge, elle ira repêcher les noyés.

Eté 2003, deux garçons et une fille d'une vingtaine d'années s'inscrivent à une excursion nocturne du Stromboli. Une véritable épreuve pour la jeune femme qui souffre du vertige.

Avec beaucoup de justesse, Maylis de Kerangal met en exergue les ressources et les faiblesses de ses personnages. Une écrivaine talentueuse s'annonçait déjà derrière ses lignes.

Après avoir lu l'ensemble des livres de Maylis de Kerangal qui ont contribué à son succès croissant (c'est à dire depuis Corniche Kennedy), il était indispensable de lire ce qu'elle avait écrit avant. Celui ci m'a ravi. L'écriture est déjà très travaillée et l'histoire nous ramène brutalement à l'adolescence.

L'histoire: Lise, Nina et Marie (la narratrice) sont trois amies de 15 ans qui vivent au Havre. Un jour de pluie, elles font du stop. Le conducteur écoute Blondie et c'est la révélation pour les trois adolescentes.  Debbie, la chanteuse du groupe va devenir leur idole, leur modèle. Dans l'excès, comme on l'est souvent à cet âge, elles ne vont vivre que pour cette Debbie sexy, libérée, qui n'a pas peur des garçons . Mais un jour, l'une d'entre elles découvre Kate Bush et l'amitié du trio va se fissurer....

Un bain de jeunesse inespéré, des souvenirs et des sensations oubliés qui remontent à la surface. Des airs qu'on se met à fredonner. On se surprend à réécouter les tubes de Blondie et de Kate Bush ! Du bonheur!

Gwen

Bibliographie

  • Romans, nouvelles

  • Pierre Feuille Ciseaux (Le Bec en l’Air, 2012)

  • Tangente vers l’est (Gallimard, 2012)

  • Naissance d’un pont (Éditions Verticales, 2010) Prix Médicis 2010

  • Corniche Kennedy (Éditions Verticales, 2008)

  • Dans les rapides (Éditions Naïve, coll. « Naïve sessions », 2007)

  • Ni fleurs ni couronnes (Éditions Verticales, 2006)

  • La rue (Éditions Pierre Terrail, coll. « 2000 ans d’images », 2005)

  • La Vie voyageuse (Éditions Verticales, 2003)

  • Je marche sous un ciel de traîne (Éditions Verticales, 2000)

  • Divers

  • La Peau d’une fille qui rentre de la plage, Maylis de Kerangal (texte), Robin Goldring (peintures), Galerie Prodromus, Paris, 2006

  • Spécial coupe du monde, collectif, (Inculte, 2006)

  • Binocles Œil de Biche & Verres Fumés, collectif, (Minimum Rock’n’Roll, Éditions Le Castor Astral, 2008)

  • Femmes et sport : regards sur les athlètes, les supportrices, et les autres, Maylis de Kérangal & Joy Sorman (Éditions Helium, 2009)​

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