• Le journaliste Robert Shelton rencontre Bob Dylan à son arrivée à New-York en 1961. Il devient son ami, son défenseur, et le premier critique de ses chansons. Son livre No Direction Home, publié pour la première fois en 1986, a été depuis acclamé comme la biographie définitive du génie, dans laquelle Shelton se fait le témoin, de l'intérieur, des années de formation de Dylan. C'est aussi la seule biographie écrite avec l'active coopération de l'artiste qui a permis l'accès à ses proches, ses parents, son frère, ses amis d'enfance et d 'université, et même à Suze Rotolo, la muse des débuts. Cette nouvelle traduction d'un classique du genre offre une vision intime de l'incroyable carrière de Dylan, couronné en 2016 par le prix Nobel de littérature. Un must pour tous les fans de Bob Dylan.

  • Quand son sujet déclare lui-même : « La définition détruit. Il n'y a rien de défini en ce monde », il faut s'armer de patience et de temps pour percer le mystère qui l'entoure. Fasciné par les personnalités marginales - héros ou vilains - Dylan a toujours joué au chat et à la souris avec les journalistes. Heureusement, Shelton était son ami. C'est un article enthousiaste de Shelton, publié dans le New York Times, qui permit à Dylan de signer son premier contrat discographique en 1961. Jusqu'en 1985, le journaliste a suivi les métamorphoses de l'artiste à travers ses oeuvres et ses tournées mondiales. Les masques derrière lesquels la star s'est cachée, il a su les enlever. Confiant, séducteur, mystificateur, Dylan règle ses comptes (avec la musique folk, les chansons politiques), et se livre par touches intimes.

  • En 1968, un inconnu appelé Robert Crumb autoédite le premier numéro de Zap comix, qu'il vend lui-même dans un landau de bébé sur les trottoirs de San Francisco. Les autres collaborateurs apparaissent dans les numéros suivants, le démoniaque S. Clay Wilson, le surréaliste Victor Moscoso, le mystique Rick Griffin, le satiriste Gilbert Shelton, le dandy Robert Williams, le champion du prolétariat Spain Rodriguez.
    L'Histoire est en marche. Le mouvement underground prend son essor et Zap comix va lui servir de modèle. Toute la bande dessinée d'auteur, jusqu'à nos jours, trouve son point d'origine dans Zap, son incroyable liberté de ton - parfois plus choquante aujourd'hui qu'il y a cinquante ans -, son mépris complet des conventions, et la démonstration, faite page après page, que la bande dessinée est un mode d'expression aussi fécond que la littérature ou que l'art.
    Les dessinateurs de Zap deviendront aussi célèbres que des stars du rock. Le fait est que la revue présente une harmonie paradoxale entre la verve satirique d'un Robert Crumb ou d'un Gilbert Shelton et les expérimentations graphiques d'un Victor Moscoso ou d'un Rick Griffin, entre le maniérisme poussé jusqu'aux limites de la lisibilité d'un Robert Williams et le réalisme cru d'un Spain Rodriguez. Les surprises sont permanentes.
    Rick Griffin, qui est un Jesus Freak, et qui dessine des madones et des symboles de l'ésotérisme chrétien, voisine avec S. Clay Wilson, sata - niste et décadentiste déclaré, qui calligraphie avec abandon des scènes d'orgies et de massacres mettant en scène des démons, des lesbiennes et des pirates. Le même S. Clay Wilson dessine des histoires de motards, alors que Spain Rodri - guez, qui est un ancien blouson noir d'un gang de motards de Buffalo, passe du sujet des bikers à des récits de science-fiction, dont il est enti - ché.
    De façon incroyable, Zap n'avait jamais été traduit en français. Ses premiers numéros sont aujourd'hui difficilement trouvables, et des exemplaires en bon état atteignent des cotes ahurissantes. Nous présen - tons dans ce volume les neuf pre - miers numéros de Zap (+ le n° 0), dans une version méticuleusement restaurée, traduite et relettrée. Après un demi-siècle, cet obus littéraire a gardé tout son pouvoir explosif.

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