• Ce n'est pas parce qu'il a bourlingué, du Groenland à la Polynésie, du Japon au Chili, qu'Hervé Hamon est un collectionneur de cartes postales. Et ce n'est pas parce qu'il aime naviguer que les cocotiers et le sable blanc le fascinent.
    L'île, avant l'île, c'est le voyage vers l'île. Avec tous les imaginaires inimaginables. Celui du conquérant, de l'exilé ou du migrant, du naturaliste ou du missionnaire, du négrier ou du pirate, celui du déporté, celui de qui se rêve roi d'un monde pur. Celui qui quitte une île pour une autre.
    Les îles ne sont pas des navires à l'ancre mais des montagnes émergées, quand bien même elles ne dépassent que de quelques mètres. Elles sont la plaque sensible de notre monde cerné d'eau, elles racontent nos convoitises, nos guerres, nos croyances, nos espoirs. Elles nous parlent d'écologie et de mondialisation autant que de distinction et de solitude.
    Pas étonnant que la littérature s'en soit emparée. Melville aux Marquises, Hugo à Guernesey, Tchékov à Sakhaline, Perec à Ellis Island, Albert Londres à l'île du diable, Soljenitsyne à Solovki, Dumas à If, Césaire ou Glissant à la Martinique, et ainsi de suite. Ce dictionnaire amoureux va de Fred et de Philémon sur le A d'océan Atlantique, à Robinson sur Juan Fernandez (où Defoe, du reste, n'a jamais mis les pieds).

  • L'Abeille Flandre fut l'un des plus puissants remorqueurs de haute mer du monde, en station à Brest. Vingt-quatre heures par jour, 365 jours par an, sa mission était de garder Ouessant, le cap Horn de l'Europe. Hervé Hamon a partagé pendant dix huit mois le quotidien des chasseurs de tempête : le travail sur le pont, les nuits de veille, et les dangers d'un métier où l'on risque librement sa vie pour en sauver d'autres.

  • « Je n'ai pas choisi la mer et elle ne m'a pas choisi. J'ai la mer comme certains amis ont la foi : par foudre innocente, étrangère à la raison et au calcul. » Hervé Hamon partage dans ce récit, son besoin de rivages, de marées, d'îles et de navigation. Il nous convie à voyager d'Ouessant aux brumes de Terre-Neuve, des icebergs du Groenland aux montagnes marines de la Crète. Mais il raconte aussi sa Bretagne et s'adresse à tous ceux, navigateurs ou terriens, qui vivent la passion du large.

  • Ils avaient vingt ans au coeur des sixties et ils voulaient changer le monde. Génération retrace l'itinéraire collectif de jeunes gens connus ou inconnus qui se croisent de Paris à Cuba, d'Alger à Varsovie, en passant par Shanghai. C'est un roman où tout est vrai, une enquête historique racontée comme un livre d'aventures. L'aventure d'une génération.

  • Les porteurs de valises.
    " un livre passionnant, bourré de révélations et de documents inédits. " bernard alliot, le monde.
    " une grande honnêteté. ceux qui n'ont pas connu les évènements d'algérie apprendront ici ce qui n'a jamais été publié. " paul-marie de la gorce, le figaro.
    " documentation exceptionnelle, enquête minutieuse. une exceptionnelle réussite dans l'investigation historique. ce livre peut être lu comme un roman d'aventures.
    " jean-louis péninou, libération.
    " un livre passionnant qui ouvre un dossier dont la censure et la prudence avaient caviardé bien des pages. " dominique jamet, l'aurore " a notre sens, ils (les auteurs) donnent. une image fidèle et véridique de l'état des relations entre le front de libération nationale, dirigeant la lutte pour la reconquête de l'indépendance, et les divers partis de la gauche française.
    " r. c. , el moudjahid, 29-12-1979.

  • Il existe, en France, un peu plus de quatre-vingts collèges qui portent le nom de Prévert - outre une dizaine de lycées !
    Prévert, c'est l'éclectisme forcené. Des poèmes aux scénarios, des chansons aux collages, il ne s'interdit rien. Il essaie.
    Il croit aux télescopages, aux interférences, aux conjonctions, aux tentatives. Il passe d'une discipline à l'autre avec une aisance confondante. Avant 1950, on le connaît plutôt comme scénariste, et quel scénariste - Arletty, Gabin, Morgan, toute la lyre. Mais quand Paroles explose (un million d'ouvrages vendus), c'est l'écrivain qui se retrouve à l'avant-scène. Il commente ses oeuvres sur un ton bourru, la cigarette au bec, clamant tranquillement qu'il aime ce qu'il aime et qu'il n'aime pas ce qu'il n'aime pas. Et l'on risque d'oublier son extrême complicité avec les musiciens manouches, ou son rôle central dans le groupe Octobre qui, dans les années 30, s'en allait jouer aux portes des usines. Prévert, c'est aussi l'obsession farouche de rester artisan, artisan indépendant. Hervé Hamon a esquissé un portrait biographique. En lisant son texte, nous sommes dans le Paris d'avant, Doisneau à sa droite et Brassai à sa gauche ou inversement.

  • Paquebot

    Hervé Hamon

    À bord de l'Imperial Tsarina, tous s'attendaient à une croisière paisible sur l'océan Indien : le savant amoureux d'une sulfureuse meneuse de revue russe, le théologien libertin, le chef mécanicien à particule, le financier sentimental, le magicien jaloux, l'animateur qui lit Homère... Pourtant, le voyage s'avère bien mouvementé, et il y en a pour tous les goûts : coups de théâtre, déclarations d'amour, meurtres... mais la fête continue !

  • «J'appartiens à une génération, celle de 1968 pour parler vite, que le vent de l'histoire a violemment transbordée de rive en rive. Ce vent-là fut et reste un vent favorable, source de luxes nécessaires : le plaisir de la révolte et celui d'en finir avec la révolution, le plaisir de respirer dans une société de plus en plus laïque, le plaisir de voir s'éloigner des "repères" effrayants et désuets. Celui de s'engager mais aussi de se dégager. Ce n'est que du vent, le plaisir, mais le vent, c'est une force.

    Les plaisirs que j'évoquerai sont parfois collectifs et parfois singuliers, gageant que "je" et "nous" sont éminemment compatibles. Je traiterai donc ici de l'école, et là de la jouissance d'écrire, ici de politique, et là d'amour filial, rassemblant des plaisirs qui, au total, font mon plaisir de cheminer, de vieillir, de vivre maintenant, bref, mon plaisir de vivre tout court. Lequel est grand».

    H. H.

  • L'abeille d'Ouessant

    Hervé Hamon

    • Points
    • 14 Avril 2000

    " l'abeille ", c'est l'un des plus puissants remorqueurs de haute mer, en " station " à brest.
    Ouessant, c'est le cap horn de l'europe, le pays des vents furieux, des courants sauvages. " l'abeille " garde ouessant comme on garde un trésor : 24 heures par jour, 365 jours par an, elle est prête à appareiller, absolument par tous les temps.
    Durant une année, hervé hamon a partagé l'existence des chasseurs de tempêtes. il raconte ici le métier de ces marins, leur travail sur le pont, sous les déferlantes, pour passer la remorque aux navires en détresse.
    Et l'attente, aussi.
    Il a su concilier avec talent le regard attentif du témoin et celui du narrateur, nous livrant une histoire de vie et de tumulte, de liberté et de contrainte, oú l'ordinaire et l'extraordinaire sont mêlés.

  • Hervé Hamon, mai 68, ça le connaît. Génération (avec Rotman), Le vent du plaisir, autant de titres qui font référence sur la question. Mais il n'aime guère les anniversaires, les nostalgies recuites, ni les polémiques de café du commerce auxquelles nous n'échapperons pas. Pour mai 2008, il a choisi une autre voie : un roman feuilleton très grand public. L'histoire d'une famille. Une famille moyenne, trois enfants comme tout le monde, la Province pas très loin, la guerre finie mais pas oubliée (celle de 39 et celle d'Algérie), le tremplin des Trente Glorieuses, la mère un peu catho, le père un peu coco, des crédits en cours, l'ascenseur social qu'est devenu l'école, la télé aux ordres et en noir et blanc, le Général de Gaulle père de la Nation, la banlieue qui se bétonne, le poulet du dimanche... Nous sommes en avril 1968. La France s'ennuie, dit-on. Ça ne va pas durer. D'un coup, sans crier gare, une crise sociale inédite déferle. La plus grande grève de l'histoire du pays. Et beaucoup plus : une fracture dans l'intimité de chacun. C'est un livre en deux printemps. Lors du premier, Mélina, la mère, vit « les événements » depuis sa cuisine tous les siens se sont éparpillés, chacun sa révolution. Lors du second, c'est Mélina qui est dehors, et c'est son mari qui se retrouve dedans. Entre Goodbye Lenin et Armistead Maupin, la chronique divertissante de chambardements dont nous ne sommes pas remis.

  • Ceux d'en haut

    Hervé Hamon

    • Seuil
    • 4 Avril 2013

    C'est un livre sur le pouvoir, sur ceux qui ont du pouvoir. Pas un pouvoir institutionnel, ni intellectuel, ni celui, symbolique, d'un ministre ou d'un cardinal : le pouvoir concret de gens qui commandent aux autres et qui doivent rendre des comptes sur ce commandement. Autrement dit, les décideurs, et, principalement, les patrons.
    Hervé Hamon les a rencontrés. Quelques petits, quelques moyens, et surtout des grands : Franck Riboud (Danone), Jean-Louis Beffa (ex Saint-Gobain), Louis Gallois (EADS), Jean-Paul Bailly (La Poste), Paul Hermelin (Cap Gemini), Colette Lewiner (EDF), Anne Méaux (Image 7), Alain de Mendonça (Promovacances), Louis Schweitzer (ex Renault), Jean-Marc Lech (Ipsos), Nicole Notat (Vigeo), Martin Vial (Europe Assistance) etc., etc. Sans oublier nos valeureux banquiers, tels Mathieu Pigasse (Lazard) ou Philippe Wahl (Banque postale, après la Royal Bank of Scotland).
    À tous, il a demandé si leur pouvoir est réel, s'il est légitime, ce qui les fait jouir, ce qui les inquiète, quelle stratégie leur importe, comment ils gèrent leurs cadres et leur personnel, s'ils sont libres de leurs choix, ce qu'ils font de leur argent, ce qu'ils pensent des politiques et des médias. Le but étant, non pas de porter sur eux des jugements péremptoires, mais de recueillir une parole qui échappe aux clichés. Et, comme pouvoir économique et pouvoir politique s'interpénètrent - via les grands écoles et les grands corps -, l'auteur s'est ensuite tourné vers des grands maires (Bordeaux, Grenoble, Brest) et de grands témoins (Juppé, Rocard qui lui en ont conté de belles).

  • Trois hommes et deux femmes enfermés dans une villa somptueuse avec piscine. Ils sont réunis pour un travail et la perspective de passer plusieurs semaines ensemble ne les réjouit pas. Mais ils n'ont pas le choix.. Les cinq personnages travaillent au scénario d'une comédie musicale. Mais en 1950, c'est le début du maccarthisme, la chasse aux sorcières a commencé et au moins quatre de nos cinq personnages ont des bonnes raisons de penser qu'ils pourraient voir leur carrière s'achever brutalement.
    L'ambiance est lourde, la peur s'installe progressivement et exacerbe les rivalités qui existent entre eux.
    Qui va trahir ? Qui va balancer à la Commission des activités anti-américaine ? Et comment écrire un scénario léger, drôle, avec une musique entraînante quand vous savez la menace imminente ?
    Un huis clos intense, où le lecteur est happé dès les premières pages.

  • On se souvient de L'Abeille d'Ouessant, récit dans lequel Hervé Hamon racontait une année passée
    à bord du remorqueur de sauvetage Abeille Flandre. Ce dont personne ne se souvient, c'est que,
    lorsque ce dernier a pris en remorque l'épave de l'Erika, il avait le même âge que le pétrolier brisé
    en deux.
    L'armateur a donc décidé de renouveler ses navires. Et mis en chantier un prototype absolu : le
    plus puissant remorqueur du monde exclusivement dédié au sauvetage, l'Abeille Bourbon, suivi
    d'un « sister ship », l'Abeille liberté.
    Hervé Hamon a suivi la naissance de ce bateau exceptionnel depuis la première tôle. Il raconte le
    travail des fils de Vulcain en Pologne, les essais dans les fjords, le premier voyage du navire entre
    la Norvège et Brest.
    Anne Smith a suivi le même parcours. Ses dessins et ses tableaux, réalisés sur le motif (parfois
    sous la neige dans l'hiver norvégien) sont témoins d'une double aventure, maritime et industrielle.

  • Nos medecins

    Hervé Hamon

    " Les médecins sont une plaque sensible de l'existence commune.
    Nous déversons sur eux ce qui nous gêne, nous agresse, nous terrifie. Nous leur déléguons nos plaies et nos morts. Parlant d'eux-mêmes, ils parlent de nos secrets. Mon livre est un voyage pas un essai. N'étant point médecin, je n'ai aucune prétention à juger la médecine. J'ai, au contraire, tenté de préserver en moi la force du candide. Je me suis posé une question simple : quel est le métier de l'homme ou de la femme qui me soigne ? Comment vit-il ce métier, comment ce métier façonne-t-il sa vie ? "

  • Sur fond de polémiques grossières (« ils » sont tous devenus des nantis, « ils » ne voulaient que détruire, etc.), la société française ne parvient toujours pas, cinquante ans après, à étudier calmement mai 68. Nombre de politiques ou d'intellectuels nous garantissent que ce fut la perte de nos valeurs communes, de nos repères partagés. Au fond, ils ont tous eu peur, ceux de droite, ceux de gauche, tellement peur qu'ils courent encore.

    Hervé Hamon est un témoin, un « piéton de Mai », mais aussi l'auteur, avec Patrick Rotman, de Génération, ouvrage qui fait référence sur la question. Avec le détachement de l'âge, avec humour, il s'efforce ici de mettre les choses en perspective. Cette grande insurrection, cette grande grève ne fut pas, dit-il, un début, mais une fin. La fin de la révolution conçue comme une guerre, la fin du communisme, la fin de l'ordre patriarcal.

    Ce fut encore un mouvement créatif et drôle où l'on pouvait dire « je » au sein de la foule solidaire, où aucune question n'était interdite, où aucun débat n'était hors sujet.
    Une société s'est alors mise à jour, de l'ouvrier au professeur, du médecin au paysan. Sans oublier l'essentiel : les femmes.

    Mai 68, c'est du passé. Mais, soutient Hamon, du passé qui nous interroge en ce que la vraie révolution est celle de la société civile. Et ça, c'est toujours d'actualité.

  • Au lendemain de Mai 68, il s'agit de montrer, de prouver que « ce n'était qu'un début ». La Révolution est en marche, on va voir ce qu'on va voir.
    Les uns adulent le président Mao, d'autres tel ou tel trotskisme, d'autres partent à la campagne pour fonder une société alternative, d'autres encore s'écartent de toutes les chapelles et prononcent des mots nouveaux, des mots étranges :
    écologie, fin du patriarcat, libération sexuelle, pédagogies nouvelles, etc. Et surtout, surtout, le mouvement des femmes l'emportera sur tous les grands et petits timoniers.
    Il va bien falloir revenir sur terre. Mais la révolution - sans majuscule - s'est-elle arrêtée en chemin ?

  • En 2007, Hervé Hamon publiait son premier roman, Paquebot, roman d'aventures, roman picaresque, roman pour rire qui comprenait, disait-il, « quarante personnages dont aucun n'est moi ». Il emmenait son lecteur dans une improbable croisière dans l'océan Indien, avec armateurs véreux, capitaine courageux, un magicien suspect, danseuse russe fatale, théologien libertin etc.
    Il nous livre ici son Paquebot II La croisière, cette fois, part de Miami où abondent les alligators, les vieux riches et les fans de Disney. Elle se déroule le long de la côte chilienne. L'armateur gréco-russe ayant renoncé à l'achat d'un nouveau bateau ? c'est la crise ?, l'ex-Imperial Tsarina change de nom et propose « une croisière pour la planète ». Les plastiques sont dissimulés sous des boiseries renouvelables, Be-bop, le chef mécanicien, reçoit l'ordre de blanchir sa fumée, et les conférenciers invités parleront de Nature...
    Mais dans les romans comme dans la vie, les choses ne sont jamais raisonnables. Et d'effroyables affaires, dont on ne saurait ici dévoiler la quintessence, vont se mettre en place, gangrener l'existence apparente, la vie suspendue des croisiéristes en goguette. Le capitaine Shrimp, amoureux transi de Pamela Hotchkiss, va bientôt s'apercevoir que son « paquebot pour la planète » est un lieu de perdition. Pire : le siège d'une banque vraiment offshore.

    Hervé Hamon est un écrivain farouchement éclectique, auteur de grandes enquêtes (Génération,Tant qu'il y aura des élèves), d'essais littéraires (Besoin de mer, Le Vent du plaisir), de reportages (L'Abeille d'Ouessant), mais aussi de livres de fiction et de nouvelles. Son premier roman d'aventures, Paquebot (Points Seuil), fut unanimement salué par la critique en 2007.

  • Le traître, disait Kundera, est celui qui sort du rang et part dans l'inconnu. Voici douze traîtres, douze traîtrises. Les unes sont dramatiques, les autres font sourire, et parfois, on se demande jusqu'au bout qui trahit, qui est fidèle, qui a raison, qui a tort. Traîtres de la guerre froide, traîtres en amour, traîtres politiques, traîtres inattendus, traîtres héroïques, traîtres lamentables, Hervé Hamon nous rappelle que sans Judas, Jésus aurait eu du mal à se proclamer Dieu. Découvrez à la fois un livre papier et sa version numérique qui grâce à un code 2d vous permettra de télécharger le livre sur votre Smartphone, ordinateur ou sur votre Reader.

  • Crète

    Hervé Hamon

    Terre de Minos et de Pasiphae, de Phèdre, du Labyrinthe de Dédale, du fil d'Ariane et du vol d'Icare, île bénie des dieux et baignée de soleil, la Crète a tout pour séduire les touristes.
    Trop de touristes, aux mêmes heures, sur les mêmes lieux. Hervé Hamon, en promeneur hédoniste mais aussi en journaliste exigeant, nous révèle généreusement ses échappées belles vers des vestiges antiques hors circuits, des plages presque désertes, des monastères quasi oubliés, des villages sereins, des chemins de traverse poétiques. Il nous apprend à ruser avec les cohortes en visitant les sites obligés en dehors des heures de presse, à profiter des douces soirées sous les platanes, en dégustant des rougets grillés.
    Tout un art de voyager et de vivre dans une Crète non plus saturée, mais paisible et inattendue.

  • Un petit livre qui ne se prend pas au sérieux, pour redécouvrir l'univers de la mer à travers le regard irrévérencieux d'Hervé Hamon...
    À travers une centaine de mots, Hervé Hamon nous raconte la mer qu'il aime, et celle qui le met en rogne. Il nous régale de ses souvenirs de plaisancier, de son expérience tempétueuse sur la passerelle de l'Abeille, et nous fait partager ses moments de honte comme ses joies simples en mer avec un humour et une maestria qui n'appartiennent qu'à lui.
    De Thalassothérapie à Ouragan et de Large à Ferraille, ce petit livre bouscule les conventions et aborde la mer dans tous ses états. Il nous parle de la plaisance et de la pêche à pied, de la serviette de plage et des chants de marins, des houles du grand large et des cafés du port, d'une mer vivante et humaine, émouvante, résolument moderne. La mer racontée par Hervé Hamon, c'est une succession de coup de gueule et de coups de coeur, c'est à la fois intime et cocasse, dans un rythme sans cesse bousculé, souvent drôle, toujours merveilleusement écrit.

  • Tant qu'il y aura des eleves

    Hervé Hamon

    • Seuil
    • 3 Septembre 2004

    Voilà très exactement vingt ans, en septembre 1984, Hervé Hamon et Patrick Rotman publiaient Tant qu'il y aura des profs, enquête menée durant deux années dans l'enseignement secondaire public (lycées et collèges). Le livre, fut un événement. Pourquoi ? Parce que, loin du café du commerce et des essais en chambre, il alignait des faits, racontait le terrain, permettait à chacun de voir l'école toute nue.
    L'ouvrage s'est vendu à 85 000 exemplaires en édition courante, plus les clubs et le poche. Il est devenu un classique. Tous les futurs profs le lisent en IUFM, où les photocopieuses sont performantes.
    Hervé Hamon a décidé de refaire la même enquête deux décennies plus tard. Il est retourné dans les mêmes lycées, les mêmes collèges, accomplissant un véritable tour de France. Il a retrouvé beaucoup de ses anciens témoins, et interviewé ceux qui les ont remplacés. Il a suivi les cours au fond des classes, questionné plus de 300 enseignants, rencontré les meilleurs experts français et étrangers, visité le Ministère de la cave au grenier Les surprises ne manquent pas au rendez-vous.
    Il y a vingt ans, l'enseignement professionnel était un parking à chômeurs. Aujourd'hui, c'est le secteur le plus performant, le plus mobile, le mieux équipé.
    Il y a vingt ans, les collèges se divisaient en deux catégories inégales. Les établissements tranquilles et les établissements tragiques. Aujourd'hui, la fracture est encore plus forte. Mais, si la banlieue, c'est pire, le collège, c'est mieux. Grâce à la décentralisation, les établissements ont les moyens de travailler, ils sont vivants, ils sont le meilleur outil d'intégration dans une société désagrégée.
    Il y a vingt ans, les lycées généraux, c'était pépère. La carrière à l'ancienneté, les nominations à l'aveugle, l'absence de sanctions professionnelles, positives ou négatives. Vingt ans après, c'est pareil. Et s'il faut chercher un scandale, c'est là qu'il se trouve.
    Résumons. En vingt ans, le niveau a monté. Fortement. Deux fois plus de bacheliers (et le bac, contrairement aux polémiques, reste un examen exigeant). La France, qui était à la traîne, dépasse un peu la moyenne des
    pays de l'OCDE. Le budget de l'école atteint 23 %, 100 milliards d'euros. Le coup des moyens qui manquent est un coup tordu.
    Le niveau a monté mais les écarts se creusent. Les « bons bacs », c'est pour les enfants de la classe moyenne et des cadres supérieurs. C'est pour les garçons plus que pour les filles (alors qu'elles sont meilleures élèves).
    Et il se crée, dans la France républicaine, des ghettos, des zones de relégation où l'on expédie cyniquement les plus jeunes enseignants qui ne s'en sortent d'ailleurs pas si mal. L'école progresse mais elle est injuste et elle est violente. Elle qualifie les uns en disqualifiant les autres. A la Libération, 29 % d'étudiants de milieu modeste accédaient aux grandes écoles. Maintenant, c'est 9 %.
    Les polémiques du type « conserver ou non l'élève au coeur du système ? » sont de la rigolade. Il n'y est pas, il n'y a jamais été. Les polémiques du type « faut-il garder le collège unique ? » sont de l'humour noir. Il est tout sauf unique, le collège. La France, massivement, a voulu la démocratisation en sixième. Mais aussitôt, elle s'est organisée hypocritement pour que des filières peu transparentes trient les élèves.
    Dans notre pays, où l'on a si facilement la République et le service public aux lèvres, chacun veut le meilleur pour son gosse. Mais surtout pas pour le gosse du voisin. Il va bien falloir crever cet abcès. Au prix de choix politiques courageux, et de l'abandon de corporatismes étouffants. Ça n'est pas gagné d'avance.

empty