Thaddee

  • Pour la première fois, deux citoyens français d'origine arménienne appartenant à deux générations, dialoguent à bâtons rompus de sujets d'intérêts communs, notamment : le processus d'intégration, le communautarisme, le rapport diaspora-République d'Arménie, le dialogue arméno-turc, le rapport aux Juifs au destin si parallèle... « Tout au long de ces échanges, nous avons voulu partager nos vécus, nous confronter à nos désaccords, partager nos interrogations, sur la crispation de la société française, les processus de l'intégration, de l'assimilation, la fragilité du lien générationnel et de la transmission .. »

  • Louis Bulidon, en tant qu'appelé, est affecté en décembre 1961 au Service Technique des Armées arme atomique, dans une base militaire dans le désert du Hoggar en Algérie.
    Depuis des mois, son travail consiste à prélever des filtres, à en mesurer la radioactivité. C'est la routine, les capteurs et les stylets sont muets. Dans la base, le personnel a conscience de son statut privilégié alors que la troupe, elle, risque à tout instant sa peau dans les djebels. Dans ce monde de l'insouciance et du silence, car tout est secret, un drame pourtant se prépare. L'explosion du 1er mai qui doit doter la France d'une force de frappe opérationnelle se transforme en grand show.
    Deux ministres, Pierre Messmer, ministre des Armées, et Gaston Palewski, ministre de la Recherche Scientifique, sont à la tribune d'honneur face à la montagne. La météo est défavorable car le vent souffle fort mais pas question de différer la mise à feu. La bombe explose et secoue la montagne qui disparaît dans une avalanche de poussières et d'éboulis, puis une énorme flamme s'en échappe, suivi d'un gigantesque nuage noir qui se dirige sur l'assistance.
    C'est la panique. Dans le sauve-qui-peut, on en oublie un moment les ministres. Quelques heures plus tard, ils passeront d'urgence à la douche de décontamination, savonnés et brossés au balai à poils durs, sans égard particulier pour leur rang

  • Journaliste chevronné en radio, presse écrite et multimédia, Pascal Maguesyan est également auteur-photographe. Il sillonne l'Orient chrétien depuis plus de dix ans, carnets de voyages en poche, appareil photo au poing, de l'Égypte à l'ouest, jusqu'en Iran à l'est, en passant par la Syrie, le Liban, Israël, la Palestine, la Turquie, l'Irak et l'Arménie.
    Les carnets de voyages de Pascal Maguesyan nous révèlent une mosaïque de portraits éblouissants et de sites extraordinaires : la maternité chrétienne de Bethléem où l'on assiste à la naissance de Georges et où viennent accoucher essentiellement des femmes musulmanes ; le monastère antique de Mar Moussa en Syrie, sauvé dans les années 1980 par le jésuite italien Paolo Dall'Oglio, un homme de dialogue que le régime de Bachar al-Assad a expulsé en 2012 ; l'incroyable oasis spirituelle d'Anaphora dans le désert égyptien qui semble faire écho à l'Utopia de Thomas More ; les chiffonniers du Caire - dont on redécouvre les origines coptes - considérés comme la lie de la société alors qu'ils sont en réalité si dignes et paisibles ; le monastère arménien totalement oublié et inaccessible de l'apôtre Saint Barthélemy - l'un des douze - aujourd'hui situé dans un camp militaire turc ; les pèlerins arméniens et chaldéens de Saint Thaddée - autre apôtre de Jésus - , au nord de l'Iran, réunis une fois par an fin juillet sous des tentes dans un espace monastique sublime, à quelques encablures de la Turquie et de l'Arménie...
    Ces trésors spirituels, humains et architecturaux, sont presque partout menacés. De la lumière, ils basculent progressivement dans l'ombre. Les chrétiens d'Orient sont des résistants.

  • Quel procès est à la fois le plus bref et le plus universel ? Le procès de la femme adultère, celui que conte l'évangéliste Jean. Jésus est en train d'enseigner au Temple de Jérusalem.
    Soudain, les docteurs de la Loi jettent devant lui une femme dont on ignore tout. « Maître, cette femme a été surprise au moment même où elle commettait un adultère. Moïse nous a ordonné dans la Loi de tuer de telles femmes à coups de pierres. Et toi, qu'en dis-tu ? » Le drame en un acte est noué, dans lequel quatre acteurs vont jouer sept personnages, un drame d'une densité extraordinaire par le riche questionnement qu'il suscite et les valeurs fondamentales dont il est porteur.
    /> Historien et avocat honoraire, l'auteur, pas à pas, sur la base de ce que la recherche historique la plus récente a retenu et en appliquant les techniques d'analyse juridique, sans jamais déborder sur l'approche théologique mais sans exclure les témoignages fondés sur la foi, reconstitue dans sa réalité concrète la société juive du premier siècle de notre ère et « démonte » littéralement le procès. Les acteurs, au premier chef Jésus, pour autant que la démarche historico-critique le permette, sont présentés rigoureusement. Les personnages, du juge (apparent ou réel) au défenseur, de l'auteur supposé du crime au véritable accusé, de l'accusateur au public, sont soigneusement analysés, avant d'instruire l'accusation ou de réfléchir sur la défense.
    Quand vient le jugement, en cette réplique cinglante devenue universelle : « Que celui d'entre vous qui n'a jamais péché lui jette la première pierre », qui peut encore douter qu'il ouvre une ère nouvelle ? Et quel lecteur préoccupé par le sort des femmes dans le monde ne sera pas sensible aux résonances de cet essai, premier à traiter ce sujet ?

  • Ne m'oublie pas

    Hamid Fouladvind

    • Thaddee
    • 7 Janvier 2019

    Oui, les rêves constituent le langage de l'âme. « J'entends les rêves, je ne les ai pas imaginés. Leur proie. Je ne rêve pas, autrement dit je suis rêvé », écrivait Aragon dans Théâtre-roman.
    Il faut savoir rêver pour inventer l'avenir. Le rêve outrepasse la réalité et l'évidence de la fragilité humaine.
    Je veux rêver et entrer dans mon sommeil comme on se laisse mener pour une promenade vers l'inconnu.
    Sur le sentier mystérieux dont je ne connais ni l'issue ni la destination, à chaque pas, à chaque détour, je crois découvrir le sens caché de l'univers, le pourquoi de ma quête et de mon destin.
    Laura dis-moi vraiment si nous avons réellement vécu, si nous nous sommes véritablement aimés ou plutôt avons-nous simplement appris à mourir ? C'est finalement toi qui m'as écrit, inventé, imaginé !
    Non, Laura je ne t'ai jamais quittée, même si un beau matin tu n'étais plus à mes côtés. C'était il y a longtemps...

  • Comment comprendre la Turquie contemporaine au-delà des clichés flatteurs - fidèle alliée de l'OTAN, incarnation modèle d'un islam tolérant - que diffuse à outrance l'une des plus grandes destinations touristiques internationales ? Un immense défi, car comme l'explique le héros de ce roman en partie autobiographique, la Turquie moderne et laïque, fondée par Mustafa Kemal en 1923 sur les ruines de l'Empire ottoman, est bâtie sur toute une infrastructure de mensonges abyssaux : des origines raciales délirantes mystifiant une race turque autochtone pure, à la négation d'une série de génocides, en particulier celui des Arméniens.
    Dans cette découverte de la Turquie par sa « déconstruction «, le lecteur aura pour guide Cem Aren, un jeune journaliste turc formé à l'école française. Il n'aura de cesse de démasquer ces mensonges d'Etat et de lutter pour faire triompher la vérité et la justice. Dans ses tribulations romanesques entre deux villes cardinales, Istanbul et Paris, il nous replonge dans les bouillonnantes années 1970 et 1980, et nous livre toute une série de révélations : la genèse du coup d'Etat de 1980, le nettoyage de toutes les mentions du génocide des Arméniens dans les archives ottomanes, l'affaire iranienne, les «passeports Mitterrand»...

  • Ce livre se décline en 296 méditations s'appuyant sur les pensées de philosophes et écrivains, choisis dans un très vaste répertoire. Classées en dix chapitres ou escales, on les lira dans l'ordre ou au hasard. Explorant les racines du mal, l'auteur soulève une foule de questions et délivre quantité de réponses. On en sort plus lucide et plus fort.

    Extrait de la préface d'Yves Ternon, historien, écrivain : Franck Esmer est un homme révolté à l'idée que le crime de masse, et sa forme la plus accomplie, le crime de génocide, puisse être parfait, que le criminel parvienne à effacer toute trace, afin que dans la mémoire des hommes ce génocide n'ait pas eu lieu, ou, pire, qu'il ait été nécessaire. [...] Pour prévenir cette catastrophe, il part en croisade sur les chemins de la connaissance. [...] Pour cela, il fait appel aux penseurs qui, d'Homère à nos jours, du temps où les dieux pouvaient contenir l'hubris d'Achille, à celui où l'homme s'interroge sur la présence de Dieu dans les centres d'extermination, pour expliquer ce que ce crime signifie pour l'humanité et pour convaincre de la nécessité de lutter contre les assassins de la mémoire, qu'ils soient les meurtriers, leurs épigones ou les bénéficiaires.
    Avec d'innombrables citations qui témoignent de son immense culture, son livre tente de répondre aux questions posées par deux génocides perpétrés dans la première moitié du XXe siècle : le génocide des Arméniens de l'Empire ottoman, le génocide des Juifs d'Europe.

    Postface de Gérard Chaliand (géopolitologue) : Le « crime parfait », c'est le meurtre de l'Autre, sans avoir à répondre du forfait, écrit en substance Franck Esmer. Ce dernier médite toujours avec probité et savoir sur ce qu'on désigne par le mot de génocide, dont aucun peuple n'a la propriété exclusive. Il retrace ainsi, par petites touches, la face la plus sombre du siècle dernier. Le traumatisme des survivants, le cynisme des négationnistes et la duplicité de ceux qui, par politique, se taisent ou vont jusqu'à réconforter le mensonge. Un exercice difficile mais salutaire qu'il faut saluer.

  • Septembre 1356. Dans ce Paris du XIVe siècle, troublé par la guerre et les intrigues, deux jeunes italiens, Emilio et Giovanni, ainsi qu'un jeune avignonnais, Isidore, arrivent pour étudier à la prestigieuse Sorbonne, au Quartier latin. Ils y font la connaissance de trois autres jeunes, Gilles, compagnon barbier, Zéphirin, compagnon dans un atelier de gravure sur bois, et Adhémar, étudiant et poète, largement inspiré de Villon.
    Au cours de joyeuses soirées, arrosées et coquines, à l'auberge de la Pie, une idée géniale va naître et faire son chemin auprès des jeunes gens : un siècle avant Gutenberg, ils vont imaginer le procédé de l'imprimerie.
    Le dauphin, grand amateur de livres, va leur apporter son aide matérielle.
    Mais des corporations (les libraires et la censure) redoutant les effets catastrophiques pour eux de cette révolution, s'organisent pour les neutraliser en les éliminant. Cinq des jeunes gens vont être assassinés successivement. Messire Jehan Toussac, lieutenant criminel au Grand Châtelet, va mener l'enquête et élucider le mystère des petits cubes de métal gravés de lettres, Les lettres diaboliques. Il finit par démasquer les coupables, mais il est assassiné à son tour.
    Emilio, le seul rescapé de la bande, arrivera à s'enfuir de Paris grâce à son mentor, génial et généreux chirurgien ambulant, Anselme. Praticien instruit et aguerri, il retournera dans son Padoue natal.

  • Il fallait sans doute avoir été initiée à l'art ancestral de nouer les fils par une mère dentellière, orpheline réfugiée de Van, pour parvenir à nous faire voyager en une Arménie, réelle et imaginaire, avec autant de subtilité, à travers sept nouvelles dédiées chacune à une cité : Garine, Malatya, Mouch, Kharpert, Yérévan, Spitak et Van.

    Les fils de Bati Chétanian sont des mots si finement juxtaposés que son écriture emprunte souvent les univers de la poésie ou du conte. Tradition et modernité ne s'opposent pas ; la seconde s'inspire de la première, d'une profondeur et d'une richesse insondable et bienfaisante. Le raffinement de l'expression ne sert pas seulement une littérature en quête d'esthétisme et d'émotions, elle sert aussi des sujets d'actualité, parfois violents, comme les mouvements de lutte de libération nationale.

  • Samuel

    Raffi

    • Thaddee
    • 27 Octobre 2010

    Raffi, le « Victor Hugo arménien », légua au crépuscule de sa vie son chef-d'oeuvre et son testament, Samuel. Jamais il n'a autant maîtrisé un style si particulier : une symphonie chatoyante de romantisme et d'exotisme oriental soutenue par des accents virils et imprévisibles, organisée selon un composition rigoureuse.
    Ce trésor de la littérature mondiale devait être sauvé de l'oubli. C'est chose faite avec cette deuxième édition complète qui succède à celle de... 1924. Samuel est un prince jeune, beau, courageux et bon mais c'est aussi un idéaliste, sensible et tourmenté.
    Raffi (Hagop Mélik Hagopian) 1835-1888 Il organise la résistance pour sauver l'Arménie, héritière de très anciennes traditions païennes mais aussi des apports des Perses, des Grecs, des Romains, de la Chine, d'Israël et des Indes, qui vient d'épouser la foi chrétienne au début du IVe siècle. La puissante Perse adoratrice fanatique du Feu lui livre une guerre sans merci, jalonnée d'holocaustes.
    A travers Samuel, Raffi, parvient non seulement à jeter les bases de l'Histoire et à poser les questions essentielles, mais il réussit aussi à prophétiser les guerres apocalyptiques du XXe siècle. Les Arméniens y payeront un terrible tribut. La Turquie dirigée par les aventuristes du mouvement Jeunes-Turcs expérimentera en effet sur eux une nouvelle arme absolue : le génocide.
    L'esprit de Samuel souffla et l'Arménie survécut.

  • Les grains du sablier

    Christian Pahlavi

    • Thaddee
    • 18 Septembre 2011

    C'est ainsi que le jeune Christian, le petit « bâtard français à la gueule de boche » qui aurait dû rester confiné aux limites du XVIe arrondissement de Paris, deviendra un temps, l'héritier potentiel de la couronne perse.
    A l'âge de 10 ans, il vivra en Iran, à Téhéran, une sorte de « dolce vita » à l'orientale, au milieu de la Cour impériale et de la jeunesse dorée et cosmopolite de la capitale perse qui fut un pont entre l'Occident, l'Orient et l'Union Soviétique. Il a à peine 13 ans quand son père providentiel décède aux commandes de son avion. Mais les dés sont jetés, Christian est pétri de la culture iranienne. Son séjour est ponctué par sa scolarité à Science Po, à Paris.
    L'Iran, par sa géographie envoûtante et son histoire millénaire, font de lui un curieux et fervent Iranien : un Iranien d'adoption et de religion catholique. Mais en 1979, la monarchie qui avait tenté de moderniser le pays à marche forcée par la Révolution Blanche, aussi étonnante que méconnue, est balayée par la contre Révolution Islamique, accueillie initialement de façon bienveillante par l'Occident et les milieux progressistes du monde entier. Christian se résout à rentrer en France où, démuni, il doit repartir de zéro, avec une identité embarrassante, Pahlavi, celle du dictateur déchue.

  • Les restes de l'épée, curieuse expression.
    C'est pourtant ainsi qu'on désigne de façon péjorative en Turquie, les Arméniens, femmes et enfants enlevés et islamisés, qui ont échappé au génocide de 1915. Si l'entreprise d'extermination s'avéra d'une sinistre efficacité, le bilan approche 1,5 million victimes sur une population évaluée à environ 2 millions d'individus, une catégorie de survivants dont le nombre est difficile à évaluer a réussi à rester sur les territoires ancestraux, dans l'actuelle partie Est de la Turquie, au prix de leur conversion à l'islam.
    Qui sont ces survivants ? Pour la plupart des femmes qui ont été enlevées par les tribus kurdes et qui ont été islamisées (les Arméniens sont chrétiens), de jeunes enfants des deux sexes, des Arméniens qui se sont convertis en famille à l'islam, enfin, de rares Arméniens restés chrétiens qui se sont cachés ou qui ont été sauvés par quelques tribus kurdes secourables. Très souvent, ces Arméniens islamisés ou cachés se sont mariés entre eux.
    Durant des décennies, abandonnés de tous, dans des contrées lointaines où ils étaient souvent coupés du monde, ils ont observé la règle élémentaire de survie : le silence. Près d'un siècle plus tard, les descendants de ces survivants commencent à peine à desserrer l'étau du secret.

  • Ce témoignage rare, qui fait revivre une époque et un espace géographique méconnus, les confins orientaux de l'Empire ottoman au début du xxe siècle, se lit comme un roman. Il fait étrangement penser à un anti-western à l'orientale, dans la veine du Little Big Man d'Arthur Penn, immortalisé par Dustin Hoffman, avec tous les in¬grédients de ce genre : chevauchées, loi des armes, guer¬res tribales, choc de civilisations, paysages enchanteurs, passions... Un spectre surgit dans cette mêlée, qui dicte, au prix de sacrifices humains inouïs, le destin des hom¬mes et des peuples : l'émergence de l'ère industrielle et des Etats-nations.
    L'Histoire accouche d'un monstre, le premier génocide du xxe siècle dont les Arméniens sont victimes. Sur leurs cadavres, Mustafa Kemal érige la Turquie moderne qui oppose à l'Empire otto¬man multi-ethnique le modèle d'un Etat-nation dont les minorités sont exclues, quand elles ne sont pas passées au fil de l'épée.
    Au terme de ses incroyables tribulations, Onnig Avédissian, combattant de la Fédération révolutionnaire arménienne, trouve refuge en France. Il parvient à écrire, quelques années avant de mourir, en 1933, l'itinéraire de sa vie, de sa jeunesse à Istanbul jusqu'à son exil en France, en passant par ses années de combat, principalement en Persarménie, aux côtés des réfugiés de Van et des Assyriens. Son précieux manuscrit, le seul objet qui lui a survécu avec un almanach, a été découvert par son petit-fils fin 2001.

  • Chaos

    Alexandre Chirvanzadé

    A la fin du XIXe siècle, à Bakou, dans l'industrieuse et prospère capitale pétrolière du Caucase, mosaïque de peuples (Tatars, Russes, Arméniens, Turcs, Persans, Grecs, Juifs, Européens...) administrée par la Russie après la défaite de la Perse, Markos Alimian, d'origine modeste mais devenu un des plus riches magnats du pétrole de son temps, meurt en laissant un testament extrêmement contraignant.
    Au lieu de régler les dissensions familiales et d'instaurer un retour à un ordre régi par les lois strictes du traditionnel régime patriarcal arménien, les volontés du défunt ne vont qu'envenimer la situation. L'aîné, un homme tourmenté, idéaliste et progressiste, sur qui repose tous les espoirs du père et toutes les responsabilités, ne pourra pleinement profiter de la fortune familiale que s'il divorce d'avec sa femme russe dont il a deux enfants, pour épouser une arménienne sous la bénédiction de l'église nationale. Ses deux autres fils devront se marier également et renoncer à leur vie de débauche. L'héritage de la fille, réduit à la portion congrue, est contesté par le gendre, un homme d'affaires peu scrupuleux.
    Dans la veine des grands auteurs réalistes (Balzac, Zola, Flaubert, Hugo...), Chirvanzadé décrit fidèlement la société de Bakou dont il a connu de près la misère des couches populaires et ouvrières. Il est maître dans l'analyse psychologique. Dans ce chaos moral, économique et social qui préfigure le XXe siècle et la Première Guerre, un des fils, le plus débauché, parvient à se transfigurer, grâce à l'amour d'une merveilleuse jeune femme.

  • La bombe

    José Antonio Gurriarán

    • Thaddee
    • 28 Avril 2015

    Dans ce récit biographique, l'auteur nous livre ses interrogations, ses angoisses et ses espérances depuis cette nuit du 29 décembre 1980. Un commando de l'ASALA, l'armée secrète de libération de l'Arménie, vient de faire sauter les locaux d'une compagnie aérienne suisse. José Antonio Gurriaran gît seul et moribond sur le sol d'une rue madrilène ; il se sent entraîné par la mort mais il refuse de se rendre. Durant deux longues semaines, il attend la décision des médecins. Va t-on l'amputer des deux jambes ? Il faudra sept interventions pour le sauver. Aussi, c'est avec joie qu'il s'agrippe à un fauteuil roulant et qu'il réapprend à marcher.

    La Bomba, c'est l'exemple d'un innocent victime du terrorisme qui s'interroge sans relâche. Pourquoi ? Ce sont des larmes de solidarité pour tous ceux blessés ou tués par les balles et des explosions, partout dans le monde. C'est surtout la recherche et la reconstruction de ce qui est arrivé et le désir inextinguible de trouver et d'interroger ses bourreaux pour leur adresser un message : « Laissez-nous vivre, laissez-nous marcher librement dans la rue, dîtes adieux à la violence et soyez pacifistes ». Il parviendra à retrouver les membres de l'ASALA et à leur parler au Liban.

  • Cette fresque historique romancée couvre les 35 dernières années de l'Empire ottoman, de 1885 à 1920. Une période clé pour comprendre sa chute marqué par le premier génocide du XXe siècle.

    Le héros, Edouard de Latour, un jeune français issu d'une famille très riche et aristocratique, se lance dans un métier méprisable pour sa mère, celui de journaliste. Envoyé par le directeur de l'Aurore à Constantinople, un poste envié mais à haut risque, il y sera rapidement rattaché à l'Ambassade de France. Il profitera de renseignements de première main qui lui permettront de comprendre et d'anticiper les drames, mais aussi les opportunités qui se préparent. Edouard pressent que les Arméniens sont condamnés à mourir dans un carnage comme l'histoire n'en a pas encore connu. Généreux, aventureux, il se porte à leur secours, avec les moyens dont ils disposent.

    L'atmosphère de Constantinople est parfaitement rendue avec un réalisme confondant. A la fois journaliste, diplomate, résistant, homme d'affaires, il sait s'introduire dans tous les cercles et devenir un initié. La dernière partie est digne du meilleur des thrillers... Dans un testament, il apprend que d'une liaison passionnelle avec une arménienne, il a une fille, qu'il doit sauver.

  • Tous les marchés, de valeurs mobilières et immobilières, en passant par celui des matières premières, ont leurs secrets, leurs règles et nécessitent une initiation pour les comprendre, avant d'investir. Christian Bastard de Crisnay connaît bien celui des oeuvres d'art. Il a connu ces dernières années un développement et des bouleversements fulgurants, favorisés par internet, la mondialisation, l'irruption des fonds d'investissement et le boom déconcertant de l'art conceptuel.
    L'auteur a appris à connaître les oeuvres d'art dans son cercle familial mais aussi et surtout grâce à sa longue expérience de notaire. C'est ainsi qu'il a été amené à estimer les pièces les plus rares et les plus diverses et conseiller à ses clients les meilleures stratégies patrimoniales et successorales. Son livre fourmille de cas croustillants. Maniant le style du récit et du bon pédagogue, il s'adresse à tous, des candides jusqu'au amateurs avertis, en passant par les collectionneurs. Très critique vis à vis de l'art conceptuel ? une escroquerie dans 80% des cas ? il n'en donne pas moins toujours des avis et des conseils avisés et de bon sens. Il est lui-même collectionneur.

  • Aux quatre coins du monde, des banquiers immensément riches meurent assassinés ou se suicident du haut des gratte-ciels d'où ils dominaient la planète. Un point commun les relie : ils sont tous des mathématiciens géniaux à l'origine des tempêtes financières des dernières décennies.
    Seraient-ils victimes du fameux syndrome de Crassus ?
    La cause de ces tragédies qui frappent les grandes places financières mondiales pourrait se trouver en Roumanie, dans les archives poussiéreuses de la Securitate, la police d'Etat des anciens temps communistes.
    Ou en Transylvanie, là où l'esprit du comte Dracula et les fantômes des tyrans disparus hantent les sombres forêts des Carpates peuplées d'ours.
    Deux hommes que tout sépare, Saviour Borg, ex-banquier sur la minuscule île de Malte, et Thomas Shapiro, ex-président en cavale de Fox Goldenberg, la toute puissante banque new-yorkaise que Borg a mise en déroute, veulent connaître la vérité. Dans la haute finance, les vieilles haines ne s'éteignent jamais.
    Mais quand les ennemis sont partout et nulle part, il faut choisir quel adversaire affronter...

  • La région des Grands Lacs africains dégage un parfum de paradis terrestre. Vingt-cinq millions de Hutus et de Tutsis y vivent, répartis entre le Burundi, le Rwanda et la région du Kivu, en République Démocratique du Congo. Entre 1959 et aujourd'hui, trois millions d'entre eux, hommes, femmes, enfants, ont été massacrés au cours de plusieurs vagues de violences, de guerres et de génocides.
    Des hommes politiques de bonne volonté voulaient renverser le destin de L'Histoire, comme le prince Louis Rwagasore, le Tutsi, abattu d'une balle dans le dos par un tueur à gages, ou encore Melchior Ndadaye, cet adolescent hutu qui, pour sauver sa vie, avait fui son pays à pied. Il y est revenu et en est devenu le président pour finir égorgé à la baïonnette par des soldats rebelles.
    La haine, la mort, les trahisons ; les massacres, les dictatures, les prisons... Les racines de cette malédiction remontent à la venue de l'homme blanc, qui a balayé les royaumes ancestraux vivant en paix dans ce jardin d'Eden pour y semer une haine tenace.

  • La route de mon frère

    Markar Melkonian

    • Thaddee
    • 1 Février 2018

    Il est de la trempe de Che Guevara. Il y a aussi de l'Indiana Jones en lui. Né en 1957 en Californie, Monté Melkonian (1957-1993) est un petit américain modèle, surdoué et précoce. Il est appelé à une brillante carrière mais c'est un adolescent au caractère bien trempé, avide de liberté et assoiffé de justice.
    A 18 ans, grand voyageur, polyglotte, il a déjà parcouru le monde. En 1978, il est diplômé en histoire à l'université de Berkeley. Il veut devenir archéologue, par passion mais aussi pour s'assurer une couverture. Gagné aux idéaux marxistes-léninistes et anti-impérialistes en vogue, il rêve de faire reconnaître le génocide arménien et, ce qui semble une utopie absolue, de libérer les territoires arméniens occupés par la Turquie dans une alliance révolutionnaire des peuples opprimés, comprenant les Kurdes et les Turcs.

    Il rejoint l'ASALA (armée secrète arménienne pour la libération del'Arménie) dans les années 1970-80. Après avoir séjourné en Iran, au Liban et participé à des attentats, il devient le leader de l'opposition à la branche dure de l'ASALA. Il est emprisonné en France de 1985 à 1989. On le retrouve en Arménie soviétique au début des années 1990, quand l'URSS implose.Sa bravoure, ses aptitudes au combat, sa probité et son charisme en font un chef de guerre providentiel dans le conflit du Haut Karabagh (1988-1994) qui oppose les Arméniens à l'Azerbaïdjan. Contre toute attente, c'est la petite Arménie qui l'emporte face à son puissant voisin, croulant sous les pétrodollars. Quand Monté meurt blessé peu avant la victoire, à l'âge de 35 ans, il se hisse au rang de héros national et entre dans la légende. Une juste reconnaissance pour celui qui a certainement fait basculer l'issue de la guerre.

    Précis comme une biographie historique, ce récit se lit comme un roman.

  • Résolutions

    Jérôme Dutel

    • Thaddee
    • 2 Juillet 2018

    Dans ce dernier tome d'une trilogie, l'inspecteur Bertin de la BIR, molosse au coeur tendre et aux méthodes directes, règle définitivement ses comptes dans une double enquête.
    Aux confins de la Russie et de la Corée du Nord, il sort la très grosse artillerie pour terminer le boulot initié avec " Sur la piste de Sophia Zantoniovitch " (deuxième tome), la soeur de son meilleur ami et équipier qu'il perd dans " Sans Zanto " (premier tome).
    En France, au terme d'une enquête plus subtile mais très musclée, Bertin réussit l'impossible, faire tomber les masques.
    D'extrême justesse car il a affaire à l'adversaire le plus redoutable qu'il ait eu à affronter et parce qu'il bénéficie du soutien décisif le plus improbable qui soit.
    Un récit aux multiples rebondissements, écrit dans ce style unique, où l'écrit conserve la vivacité de l'oral, et qui fait mouche.

  • Monique ou Elmonig

    Anoune Anne

    • Thaddee
    • 29 Octobre 2008

    C'est le parcours d'une enfant, puis d'une femme, que les drames de générations successives tues et non résolues auraient dû détruire, elle qui les ignore mais qui les perçoit pourtant. Une identité furtive qui lui vaut des prénoms multiples. Puis une erreur de translation, commise à la suite d'un étrange appel venu d'Orient, d'encore plus loin que la mythique Istanbul, à la lisière des territoires d'un pays effacé, l'Arménie, lui vaudra la double peine.
    Joséphine, Monique, Elmonig parviendra à résoudre l'énigme et à se construire grâce à l'école de la République, la littérature, son métier d'enseignante, la psychanalyse, son intelligence, son courage et ses amies françaises qui lui enseigneront les codes de la féminité. Une leçon de vie.

  • Un regard neuf sur la société arménienne, voici ce que propose Maxence Smaniotto au terme d'un séjour de deux ans à Erevan. Rien ne prédisposait ce jeune psychologue, à la double culture italienne et française, à s'intéresser à l'Arménie, sinon un souvenir d'enfance et une attirance singulière pour les horizons menant à l'Asie centrale.
    À travers un texte fleuve qui se lit comme un récit d'aventures regorgeant d'anecdotes savoureuses, il renoue avec la tradition des grands voyageurs. À la découverte d'un peuple mystérieux retranché dans ses montagnes, à la charnière de l'Occident et de l'Orient, il décode les représentations collectives, les moeurs et coutumes, que la plupart des Arméniens de diaspora méconnaissent eux-mêmes. Il est le témoin de grands évènements : les manifestations de « Electric Yerevan », la marche du centenaire du génocide des Arméniens, la guerre des Quatre jours au Haut-Karabagh, la crise des Sasna Tzerer, présageant la Révolution de velours.
    D'une curiosité insatiable, Maxence Smaniotto part aussi à la découverte des villes de province arméniennes, du Haut-Karabagh, jusqu'aux pays environnants, la Géorgie, l'Abkhazie, l'Iran de Tabriz à Yazd et tout l'Est de la Turquie, en voyageant le plus souvent en bus, en stop et en logeant chez l'habitant.
    Un ouvrage richement documenté et passionnant

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