Karthala

  • Composé de deux îles principales, Trinidad (4 828 km²) et Tobago (300 km²), situées au nord-est du Venezuela, dans la partie méridionale de la Caraïbe, Trinité-et-Tobago (contracté en Trinbago) est un fascinant petit État d'1,3 million d'habitants.

    Comme le dit Merle Hodge, l'une de ses romancières, c'est la Caraïbe en miniature. Tandis que ses voisins se caractérisent par leur homogénéité ou ont subi très fortement une influence unique, ce pays s'est nourri de toutes les cultures présentes dans la région. Pluriethnique, à la manière du Guyana et du Surinam, il a également la configuration plus « classique » de la Barbade ou de la Jamaïque.

    Façonnées par la colonisation et terres d'immigration, ces îles soeurs sont représentatives des problèmes mais aussi des énormes potentialités de ces peuples jeunes. Ce qui les rend séduisantes, c'est non seulement l'extrême richesse d'un patrimoine constitué à partir de multiples apports, mais encore un sens prononcé de la fête, ainsi qu'une grande capacité d'innovation en matière de musique. Amateurs de sites naturels, de plaisirs culinaires ou de festivités y trouveront leur compte.

  • La Côte d'Ivoire est un pays phare de l'Afrique de l'Ouest. Plus riche et plus dynamqiue que la plupart de ses voisins, la Côte d'Ivoire est aussi plus contrastée, mêlant lagunes paradisiaques sur le littoral, montagnes bleutées de l'ouest et savanes infinies du Nord, mini-royaumes littéralement couverts d'or et communautés égalitaires méfiantes de tout pouvoir concentré, ultra-modernisme provocant et sage tradition enracinée dans les terroirs, les masques et la fidélité aux ancêtres.
    Sur le plan politique, la succession d'Houphouët-Boigny ne s'est pas faite dans les meilleures conditions. Les conséquences en ont été lourdes pour les Ivoiriens et pour les nombreux immigrés qui vivent et travaillent dans le pays.
    L'année 2009 s'annonce comme une année de retour à la normale avec les élections présidentielles prévues en novembre. Les Ivoiriens les attendent avec impatience et espèrent que le pays retrouvera toute sa place en Afrique de l'Ouest et au sein de la communauté internationale. Un espoir partagé par tous ceux qui apprécient la qualité d'accueil et le dynamisme de la Côte d'Ivoire et souhaitent la découvrir ou la redécouvrir.

  • Le Chili

    Christian Rudel

    Le Chili est un pays étrange : tout en longueur (4 300 km) et d une extrême « maigreur » (355 km en un seul endroit), il réunit tous les paysages et tous les climats du monde. D autre part, le Chili est une « île », séparé qu il est de ses voisins par la haute chaîne des Andes et par l océan. Pour cette raison, longtemps le Chili fut le pays du bout du monde. Au début de la colonie espagnole, il fallait plusieurs mois pour l atteindre, et les marins, victimes de naufrages à répétition dans l extrême sud, lui avaient fait une déplorable réputation. D où un peuplement et un développement lents. Puis vint le temps, au XIXe siècle, de l indépendance et des découvertes des richesses naturelles : le nitrate d abord, puis le cuivre dont le Chili allait devenir, en quelques décennies, le premier producteur mondial. Les grandes compagnies et les banques de l Occident industrialisé les anglaises d abord, puis les états-uniennes s abattirent sur le pays. Le Chili, sa population, ses travailleurs et ses gouvernements vécurent en situation néo-coloniale. Les travailleurs, soumis aux dures contraintes des propriétaires de mines et de chantiers, s organisèrent, et de combats en combats, brutalement réprimés, finirent par porter au pouvoir, en 1970, Salvador Allende, un homme qui se proposait de faire passer la société et l économie chiliennes du capitalisme au socialisme par les voies légales et pacifiques. Aussitôt le Chili fit son entrée sur la scène internationale et ne l a plus quittée depuis lors. Car les grandes compagnies états-uniennes, avec la complicité active de Washington, préparèrent la voie au coup d Etat du général Augusto Pinochet Ugarte. Le 11 septembre 1973 inaugura une longue dictature de dix-sept ans, avec son cortège de privations des libertés, de répressions en tous genres, de tortures et d assassinats d opposants politiques. Débarrassé de la dictature en 1990, le Chili s est mis lentement en marche vers la démocratie, et déjà cinq présidents ont pris le pouvoir à la suite d élections normales. Mais le pays doit faire face à de criantes inégalités sociales et économiques, ainsi qu à la vieille « question mapuche » non résolue.

  • Après avoir été la " province géante des Indes " des premiers temps de la Conquête, le Paraguay devient, pendant la première moitié du XVIIIème Siècle, le lieu de l'Utopie en train de se réaliser.
    Les jésuites, en effet - à partir des Indiens guaranis - tentent d'y mettre sur pied une société communiste chrétienne. Ils sont près d'y réussir lorsqu'ils sont expulsés, mais Voltaire a eu le temps de leur tirer un coup de chapeau : " C'est le chef-d'oeuvre de la raison et de la justice ", fait-il dire à l'un de ses porte-parole.
    Le Paraguay moderne mettra toutefois quelque temps à naître : encore aura-t-il besoin aux temps turbulents et incertains des indépendances, d'un " accoucheur " à la main ferme - dictatoriale diront ses détracteurs - José Gaspar Rodriguez de Francia.
    Depuis, le pays a vécu de terribles drames, d'où son héroïsme l'a tiré : la " guerra grande " (1864-1870) et la guerre du Chaco (1932-1935), auxquels est venue s'ajouter, de 1954 à 1989, la " grande nuit " de la dictature du général Stroessner.
    Aujourd'hui, le Paraguay peut enfin reprendre sa marche en avant. Avec, deux handicaps : il est un peu trop près du géant brésilien, et il ne possède pas de grandes ressources naturelles.
    Mais il est riche de souvenirs historiques, de paysages multiples et contrastés, de fleuves majestueux, sans compter l'inépuisable sourire accueillant de son peuple.

  • Pays méconnu du continent africain, le Burkina Faso (anciennement la Haute-Volta) est un cas d'espèce.
    Situé au coeur de l'Afrique de l'Ouest, il fut l'enjeu d'une âpre compétition entre puissances européennes avant que l'administration française ne le colonise à la fin du XIXe siècle et au début du XXe. Utilisé comme réservoir de main-d'oeuvre afin de soutenir le développement de la Côte-d'Ivoire, il fut tour à tour démantelé puis reconstitué avant d'accéder à l'indépendance en 1960, sans avoir été mis en valeur.
    En dehors du coton ou des mines, les capacités économiques du pays restent, en effet, limitées ce qui ne peut le dispenser de l'aide internationale. Si le " pays des hommes intègres " a hérité d'un contexte difficile, sa population relève volontiers les défis qui lui sont posés avec une fierté et une abnégation teintées d'un fort sentiment national. Ainsi, la scène politique reste des plus originales, qui depuis l'indépendance a vu se succéder des régimes militaires et civils dont certains ont disparu sous la pression de la rue.
    La politique étrangère montre également l'influence que peut exercer un pays démuni sur l'échiquier sous-régional. Surtout, en l'absence de richesses, le Burkina Faso a joué la carte de l'exception culturelle. Le pays, qui reste un exemple d'hospitalité, donne au voyageur le sentiment de parcourir l'Afrique authentique, faiblement urbanisée et ayant su préserver tout un patrimoine fort d'une soixantaine d'ethnies dominées par les Mossi.
    Pour cette raison, le Burkina Faso s'est progressivement érigé en un véritable carrefour de l'Ouest africain relayé par les dizaines de manifestations dont la plus emblématique : le FESPACO.

  • Au Congo-Kinshasa sont souvent associés les nombreux viols commis par des groupes armés et des soldats incontrôlés dans sa partie orientale. Pourtant, la République démocratique du Congo (le nom officiel du Congo-Kinshasa) est un pays complexe, qui ne peut se résumer aux guerres qui ont dévasté une infime partie de son territoire au cours de ces dernières années et qui, pour l´essentiel, dérivent du génocide rwandais de 1994. Ce pays immense dispose d´un sol fertile et d´un sous-sol riche. La RDC est attachante par sa diversité culturelle et artistique, par l´hospitalité légendaire de ses peuples ainsi que par la variété de ses paysages, de sa faune et de sa flore.
    Dès le XVe siècle, les Portugais coopèrent avec le royaume Kongo. L´or, l´ivoire, le cuivre et... les esclaves les intéressent. Il faut attendre la deuxième moitié du XIXe siècle pour voir la Belgique, sous la houlette du roi Léopold II, l´emporter sur les autres nations européennes lancées dans une course effrénée à la colonisation. La Conférence de Berlin, qui attribue officiellement le territoire du Congo au roi des Belges en 1885, est une victoire majeure pour Léopold II. Celui-ci ne rêve que d´une chose : accroître la force de frappe économique de la Belgique en exploitant les richesses de cette terre lointaine.
    L´inexorable marche vers l´indépendance est émaillée de révoltes et de violences. Depuis qu´il s´est défait du joug de la colonisation, le 30 juin 1960, le pays a connu des sécessions, des guerres et des assassinats politiques. Quatre présidents se sont succédé jusqu´ici aux commandes du Congo indépendant : Joseph Kasa-Vubu, Mobutu Sese Seko, Laurent-Désiré Kabila et Joseph Kabila. A chacun son style. Mais les grands défis d´hier sont presque les mêmes que ceux d´aujourd´hui. Le plus grand pays d´Afrique sub-saharienne a reculé en termes de développement et tarde à jouer le rôle qui aurait dû lui revenir tout naturellement. Un rôle de grande puissance à l´échelle du continent.
    Comporte un cahier-photos de 24 pages.

  • Héritière de grands royaumes (Kongo, Téké et Loango), la république du Congo, communément appelée Congo-Brazzaville pour la distinguer de son voisin, la RD Congo, est une ancienne colonie française dont la capitale, Brazzaville, fut également celle de l'ex-Afrique équatoriale française. Le Congo doit à cette phase de son histoire ses limites territoriales et sa langue officielle, le français.

    Au sortir de la période coloniale, dont les épisodes les plus durs ont été la conquête du pays sous l'égide de Pierre Savorgnan de Brazza, le régime des compagnies concessionnaires et la construction du chemin de fer Congo-Océan, la décolonisation s'est relativement opérée sans douleur. Mais les années qui ont suivi l'indépendance ont été marquées par une forte instabilité politique et une longue expérience « monopartite et marxiste », de 1964 à 1990, dont les conséquences sur l'économie et les mentalités perdurent.

    Bien que riche en ressources naturelles (pétrole, mines, eau, tourbière, forêts, etc.), le Congo peine à diversifier son économie, qui repose sur le secteur pétrolier. Pourtant, outre l'agriculture, le bois, les services et la transformation de ses matières premières, il peut miser sur le tourisme avec ses parcs animaliers et ses nombreux cours d'eau qui invitent au voyage. Sans oublier ses atouts culturels. N'est-il pas une terre d'écrivains, de musiciens, de peintres et de sculpteurs qui n'ont pas leur pareil pour décrire la beauté de ses paysages et la diversité de ses traditions ?

  • L'archipel de São Tomé et Príncipe, situé dans le golfe de Guinée et découvert en 1471 par des navigateurs portugais, fut d'abord peuplé par des repris de justice, avant d'être mis en culture sur le modèle de Madère et de devenir « une grande et triste auberge sur l'océan », selon l'expression de l'écrivain santoméen Francisco Tenreiro. Là, les caravelles s'approvisionnaient afin de continuer leur course à la recherche de la route des Indes.

    Ces îles de l'équateur, où se mélangèrent les origines africaines et portugaises, réceptives aux influences du monde entier, étonnent le voyageur. Une végétation luxuriante, des paysages montagneux, un relief étrange et une architecture d'une richesse exceptionnelle leur confèrent un charme indéniable. Pays des roças, dernier vestige d'un système agraire unique fondé sur la servitude, c'est aussi le pays du Tchiloli qui, de manière inattendue, met en scène l'empereur Charlemagne en un long plaidoyer pour la justice.

    Premier producteur de cacao au début du XXe siècle, São Tomé et Príncipe, à présent micro-État dont l'indépendance date de 1975, s'efforce aujourd'hui d'élever le niveau de vie de sa population et entend accroître ses ressources en les diversifiant. L'essor d'un tourisme de qualité devrait, entre autres, servir cette volonté de développement.

    L'auteur livre ici une présentation détaillée de ce pays méconnu et un guide pour une découverte sensible de ces îles du milieu du monde.

  • Islande

    Michel Sallé

    De plus en plus de touristes visitent l'Islande de nos jours, attirés par sa nature exceptionnelle. Mais l'Islande fascine aussi par son développement socio-économique, qui la place aujourd'hui en tête de nombreux classements internationaux. Comment ses habitants ont-ils pu atteindre un tel niveau de vie sur une île perdue au milieu de l'Atlantique nord, sans ressources naturelles autres que le poisson et la possibilité récente de fabriquer de l'énergie bon marché ?
    Commencée en 874, la colonisation de l'Islande est tardive mais très rapide puisqu'elle est considérée comme achevée en 930, date de la première réunion de son parlement, l'Alþingi. Les rois de Norvège ne perdront pas de vue ces Vikings qui ont quitté leur royaume pour fonder une curieuse république sans pouvoir exécutif. Ils imposent leur domination sur l'île en 1262, suivis par les Danois. Commence alors une très longue période noire, faite surtout d'épidémies et de misère, au point que la population chute à moins de 30 000 à la fin du XVIIIe siècle, totalement oubliée du reste du monde, y compris des commerçants danois détenteurs du monopole du commerce. La marche vers l'indépendance est engagée vers 1840 et dure un siècle, au cours duquel émerge une communauté dynamique dont le libéralisme clairement assumé repose sur un pacte social fort, qui résistera à des épreuves aussi dures que la crise financière de 2008.
    À travers l'histoire, la géographie, la culture et la vie économique et politique de l'île, l'auteur montre l'ingéniosité et l'extraordinaire capacité de résilience de la société islandaise, une communauté apparemment isolée et pourtant si présente au monde.
    Michel Sallé, docteur en études politiques (Fondation nationale des sciences politiques), est l'auteur d'une thèse sur la vie politique, économique et sociale de l'Islande contemporaine. Il a écrit de nombreux articles sur ce sujet, ainsi qu'une Histoire de l'Islande (Tallandier, 2018).

  • Cahier photos de 16 pages.
    Tiahuanaco, la "Porte du Soleil", témoins du premier grand empire des Andes (bien avant les Incas), Potosi, sa Montagne d'argent et les tonnes de métal précieux qui assurèrent la puissance de l'Espagne, l'étain, le "métal du diable" aux mains de quelques "barons", la coca, ses humbles travailleurs et ses narcotrafiquants milliardaires...
    Images et clichés. Derrière, il y a la Bolivie. Un pays presque "cassé" en deux. D'un côté, à l'ouest, les Andes, l'Altiplano, La Paz : la Bolivie traditionnelle, indienne, celle des souvenirs d'un passé plusieurs fois millénaire, celle de la Pachamama, la Terre-Mère toujours vénérée ; celle des médecines ancestrales toujours pratiquées ; celle des carnavals. De l'autre côté, à l'est, l'Oriente et Santa Cruz, sa capitale effervescente, fière de s'être hissée au rang de plus grande ville bolivienne, fière aussi de sa puissance économique et dont les rêves et les demandes d'autonomie s'appuient sur les immenses réserves de gaz naturel et de minerai de fer.
    Mais la Bolivie de tous les jours - un des pays les plus pauvres du monde - ce sont d'abord les "Indiens" - Aymaras, Quechuas, Guaranis et ethnies du bassin amazonien -, des peuples divers attachés à leurs traditions et dotés d'une incroyable capacité de résistance à l'adversité ; accrochés à leurs maigres champs, les paysans "indiens", ployant l'échine aussi longtemps que nécessaire, ont regardé passer, confiants en un prochain "pachakuti", les empires, leurs armées et leurs dieux.
    Désormais ce monde indigène veut prendre en main son avenir en restant fidèle aux vieux idéaux communautaires des Andes. Pour la première fois de son histoire, il a élu un des siens, un Aymara, à la présidence de la République avec mission de bâtir une nouvelle Bolivie libre, juste et digne.
    Grand reporter et spécialiste de l'Amérique latine, Christian RUDEL a publié sur ce continent de nombreux livres, reportages et études.

  • L'Afrique du sud

    Georges Lory

    Depuis 1994, l'Afrique du Sud a franchi une étape décisive avec la fin de l'apartheid et l'accès de la majorité noire au.
    Pouvoir. Ses citoyens se sont engagés dans un processus de réconciliation unique au monde. Les problèmes demeurent cependant nombreux - inégalités sociales, partage de la terre, éducation des jeunes, habitat décent pour tous, fléau du sida etc - mais le pays fait face à son avenir avec courage et ténacité. Pays exceptionnel à plus d'un titre, l'Afrique du Sud nous est présentée ici dans sa longue histoire, sa géographie, ses populations aux origines diverses, sa culture...
    Sait-on par exemple qu'elle pratique onze langues officielles et qu'elle a été dirigée par deux prix Nobel de la paix ? Elle compte un grand nombre d'artistes et d'écrivains de premier plan. Elle a su protéger une faune et une flore extraordinairement variées et ses réserves en multiples minerais sont impressionnantes. Sa puissance économique surpasse de loin les autres pays du continent africain et elle multiplie aujourd'hui les chantiers pour améliorer les conditions de vie de ses habitants, en particulier de ceux des anciens townships et bantoustans.
    Avec tous ces atouts, le pays de Nelson Mandela peut considérer l'avenir avec détermination. La decennie écoulée a permis des changements considérables dans une société qui cherche à devenir " arc en ciel " . Ses successeurs Thabo Mbeki et l'actuel président Jacob Zuma ont été et restent les garants d'un pays démocratique. En 2010, l'organisation de la Coupe du monde de football vient sanctionner cette formidable évolution.

  • La Mongolie ? Un pays fascinant, grand comme trois fois la France, mais encore trop peu connu des Occidentaux.
    Il faut relire l'histoire prodigieuse de l'empereur Gengis-khan et de sa dynastie qui firent trembler l'Europe au XIIIe siècle, découvrir la civilisation des éleveurs nomades de la Haute Asie, contempler les paysages verdoyants de la steppe et les étendues semi-désertiques du Gobi, se laisser inviter sous la yourte, s'imprégner de la ferveur des moines bouddhistes : oui, il faut un peu de tout cela pour tomber sous le charme de la Mongolie et se laisser séduire et entraîner au rêve et au voyage.
    Émancipée successivement de ses puissants voisins - la Chine en 1911 et la Russie en 1990 -, la République mongole connaît actuellement de profondes mutations sociales, politiques et économiques. A ce titre aussi, elle suscite l'intérêt et ouvre des perspectives nouvelles. L'auteur, qui se passionne pour la Mongolie depuis plus de vingt ans et dont les deux premiers ouvrages sur ce sujet (1986, 1999) sont épuisés, porte ici un regard neuf et toujours pertinent sur son pays et son peuple de prédilection.
    Dans un style sobre, agréable à lire, elle nous communique à la fois ses connaissances et son enthousiasme.

  • Le Botswana

    Marie Lory

    Le Botswana est devenu en quelques décennies un pays émergent. A l'ombre du géant sud-africain, il accumule les succès, malgré deux handicaps de base : le pays est couvert en grande partie par le désert du Kalahari et n'a aucun débouché sur la mer. Mais il possède un trésor incomparable, le delta de l'Okavango, seul fleuve qui se dissout à l'intérieur des terres. Cette région est le paradis des animaux sauvages et des oiseaux. Son histoire est exemplaire : ancien protectorat britannique, le Bechuanaland accède à l'indépendance en 1966, après une décolonisation sans violence. Seretse Khama joue un rôle clé dans cette transition et en devient le premier président. La République du Botswana s'apprête à fêter, en 2016, son cinquantième anniversaire. On a longtemps évoqué le « modèle démocratique botswanais » à une époque où la région australe connaissait de fortes tensions. Dix élections législatives ont eu lieu régulièrement et la onzième se prépare en 2014. Le Botswana possède une particularité notable : son homogénéité ethnique. Le système parlementaire multi-partisan s'est bien greffé sur la société tswana dotée d'une tradition communautaire. Regroupés en chefferies, les Batswana n'ont jamais connu de roi despotique. En cas de désaccord, le chef pouvait être révoqué. Cette pratique a constitué le terreau dans lequel s'est enracinée la démocratie. Pays de la soif dont la devise est « pula » (qu'il pleuve), il est en queue de peloton en Afrique jusqu'à la découverte, dans les années 1970, d'importants gisements diamantifères. Les diamants sont le meilleur atout du Botswana mais aussi son talon d'Achille, car les mines sont menacées à terme d'épuisement. D'autres ressources minérales prennent la relève. Conscients de cette manne, les Botswanais n'ont pas abandonné pour autant leur tradition d'éleveurs. Ces cow-boys, au sens propre du terme, assurent la réputation de la viande « made in Botswana ». Diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris, journaliste d'abord en Côte d'Ivoire pendant quatre ans, puis dans plusieurs hebdomadaires africanistes à Paris, Marie Lory a vécu huit ans en Afrique australe, au cours de la période de changement politique de la région (1990-1994) puis récemment (2009-2013). Elle a publié « Malte » (Karthala, 2004), tête de pont entre l'Europe et l'Afrique.

  • Le territoire d'outre-mer de la Polynésie française est partie intégrante de l'Océanie, c'est-à-dire de l'ensemble des terres émergées du Pacifique, espace original qui associe une poussière d'îles et de gigantesques étendues maritimes.

    En Polynésie orientale, cinq de ces archipels ont été regroupés par la France au XIXe siècle : la Société, les Tuamotuou, les Gambier, les Marquises et les Australes. Ces archipels, qui comptent 115 îles, couvrent un vaste espace maritime de cinq millions de km2. Rares sont les Polynésiens qui peuvent se vanter de connaître ne serait-ce qu'une île dans chaque archipel.
    Au-delà des îles et de leur beauté naturelle, la Polynésie présente un mode de vie propre, basé sur des siècles d'histoire et de traditions communes.
    /> Mais aujourd'hui la vie moderne y a fait une entrée fracassante avec la création, en 1962, du CEP (Centre d'expérimentation du Pacifique) et ses conséquences économiques sur la vie des habitants du territoire. Plus de la moitié de la population totale (environ 200 000 habitants) vit sur l'île de Tahiti, dont la capitale Papeete est devenue le pôle économique et politique du territoire.
    Mais la Polynésie, c'est aussi le coprah et les immenses cocoteraies, les fruits tropicaux en abondance, la pêche, l'aquaculture, les " perles noires ", et le tourisme devenu en un quart de siècle une ressource de premier plan.

  • Demandez à quelqu'un de vous nommer des pays d'amérique centrale.
    Il y a bien des chances pour que l'on omette de vous citer le panama. si vous en faites la remarque, on s'exclamera sans doute : " ha oui ! le pays du canal ". le panama : presque un " pays canal ".
    Ce fameux canal est, selon les termes du romancier joaquin beleno, " la plus grande des bénédictions pour les panaméens, mais aussi, hélas la plus grande des malédictions . ". jusqu'à sa restitution prochaine au panama, la " canal zone ", contrôlée par les etats-unis, sépare le pays en deux comme une douloureuse saignée, et les panaméens appartiennent à " une communauté d'hommes à moitié libres qui ne peuvent déambuler librement sur la terre de leur propre patrie ".

    Terre de passage, découverte par christophe colomb lors de son dernier voyage, le panama est le pays le plus cosmopolite d'amérique latine. les énormes travaux exigés par le percement du canal provoquèrent en effet un afflux de travailleurs en provenance de tous les continents. aujourd'hui, les trois communautés amérindiennes présentes dans la région lors du débarquement des conquistadores apparaissent presque comme les moins panaméennes des panaméens .

    Petit pays, certes, le panama n'en est pas moins une terre de contrastes aux potentialités énormes. il pourrait bien devenir dans quelque temps le " premier pays riche du tiers monde " ; et s'il a été récemment propulsé sur le devant de la scène internationale par la célèbre affaire du général noriega, nul doute que nous entendrons à nouveau parler de ce " petit " pays dans les années à venir.

  • Au nord-est de Madagascar, juste sous l'équateur, sur une zone économique exclusive de plus d'un million de km2 pour 457 km2 de superficie, émergent les 115 îles de l'archipel des Seychelles dont une trentaine sont granitiques alors que la majorité se décline en cages et atolls.
    Cet archipel mythique est depuis longtemps une destination touristique de premier choix pour ses paysages insulaires tropicaux typiques, son cocotier à la lourde noix bilobée unique au monde ou sa faune riche et protégée comme les sternes de l'île aux Vaches et les tortues d'Aldabra. Cet espace, colonisé par la France au milieu du XVIIIe siècle, puis annexé par la Grande-Bretagne en 1811, soumis à l'esclavage jusqu'en 1835, a vu naître une population créole formée de grands Blancs, de descendants issus de la traite des esclaves ou d'Indiens et de Chinois engagés au milieu du XIXe siècle.
    Pourtant ce peuple a conservé sa foi catholique et son attachement à la langue française. Indépendant depuis 1976, le jeune État s'est engagé dans un socialisme modéré qui, grâce au tourisme et à la pêche, a su nouer un dialogue social fructueux entre ses 80 000 ressortissants. Un vent de libéralisme souffle depuis 1992 avec l'avènement du multipartisme, qui a favorisé sur le plan touristique la réalisation d'unités de très haut standing et la promotion de pensions de famille (guesthouses) de bonne qualité.

  • Pour beaucoup, la Mauritanie évoque le désert, les chameaux et le thé maure sous les tentes des nomades.
    Les historiens et les archéologues se souviennent des gloires passées de Chinguetti et de Oualata, ou du dramatique naufrage du radeau de la Méduse. Les amoureux du désert se rappellent les récits d'Odette de Puigaudeau, de Saint-Exupéry et de Théodore Monod, trois familiers du pays. Le désert forme les trois quarts de la Mauritanie. Pendant des siècles, il a été traversé par des grands courants commerciaux qui ont fait de cette région une terre de brassage, un point de jonction entre l'Afrique du Nord, arabe et blanche, et l'Afrique de l'Ouest, noire, entre Sahara et Sahel, expliquant la diversité des groupes ethniques.
    /> Les traditions d'échange ont forgé chez les Maures et les Soninké une âme de commerçant, et le nomadisme des Maures et les Peuls, éleveurs pour la plupart, a laissé une empreinte profonde sur les modes de vie. Echappent à l'immense espace aride à l'ouest, les rives de l'Atlantique où vivent les Imraghen, population de pêcheurs ; au sud, la région du fleuve Sénégal, à vocation agricole marquée, et les nombreuses oasis, véritables trouées de verdure où depuis des siècles l'homme vit et s'abrite du soleil à l'ombre des palmiers dattiers.
    Pourtant, malgré la rigueur des conditions géographiques et climatiques, la Mauritanie dispose de nombreux atouts économiques : une mer poissonneuse, des ressources minières tels le pétrole, l'or, le fer, le diamant, un cheptel important et un potentiel agricole non négligeable. Elle a également une population dynamique, fière de ses traditions, et prête à accueillir un tourisme respectueux.

  • La Guinée

    Devey Malu Malu

    La Guinée dispose de bonnes terres, d'un réseau dense de cours d'eau, qui lui ont valu le surnom de "Château d'eau d'Afrique de l'Ouest" et ne manque pas de ressources naturelles tant minières qu'hydroélectriques. Ses ressources humaines et son patrimoine historique et culturel sont d'autres atouts que les différents régimes qui se sont succédé après 1958 n'ont pas su, non plus, mettre en valeur.
    La Guinée est aussi l'héritière de l'empire du Mali, l'un des plus grands empires d'Afrique de l'Ouest, et a abrité plusieurs royaumes peuls et malinké, qui ont également rayonné, en leur temps, sur une grande partie de l'Afrique occidentale. Fierté des Guinéens, ce patrimoine naturel, humain et socio-culturel n'a pas disparu. Il ne demande qu'à être revalorisé et réorienté en fonction des exigences et des défis du XXIe siècle.

  • Malte

    Marie Lory

    L'île de Malte, petite par la taille, est imposante par la richesse de son passé.
    Vu d'avion, ce " confetti " de 316 km2 baigne au beau milieu de la Méditerranée. L'archipel, qui manque d'eau à part celle de la mer, constitue aujourd'hui le point le plus au sud de l'Europe des Vingt-Cinq. L'histoire de Malte se compte en millénaires. Peuplée vers 5 000 ans avant J.-C., elle crée une civilisation étonnante et unique. On y trouve la plus forte concentration de temples mégalithiques au monde.
    Cette île, très prisée par sa position géographique, possède un atout majeur : celui de constituer un port naturel en raison de ses baies abritées. On pense que saint Paul, ayant fait naufrage en l'an 60, s'y serait réfugié ! L'île constitue un enjeu pour qui veut dominer la Méditerranée. Orient et Occident se la disputent : conquise par les Arabes en 870, elle est reprise en 1090 par les Normands. Devenue le poste avancé de la chrétienté, cette position s'affiche plus nettement lorsque Charles Quint donne Malte en 1530 aux Hospitaliers de Saint-Jean, en quête d'une terre d'asile.
    Les chevaliers de Malte y demeurent jusqu'en 1798, délogés par Bonaparte en route pour l'Égypte. Cette conquête française est éphémère : la Couronne britannique reprend l'île en 1800 et la colonise peu à peu. Malte devient indépendante en 1964. Face aux invasions, les Maltais ont développé une identité culturelle forte. Ce particularisme, repose aujourd'hui sur deux socles : une religion commune, le christianisme, et une langue propre, le maltais.
    On dit qu'à Malte, il y a autant d'églises que de jours de l'année. Le maltais, langue sémitique qui s'écrit en caractères romains, constitue l'autre trésor. Malte a aussi pris le tournant du 3e millénaire. Ses habitants, insulaires par nature, après un long débat d'idées, ont choisi d'adhérer à l'Union européenne. Le 1er mai 2004, 400 000 Maltais ont fait le pari de vivre parmi 450 millions d'Européens !

  • Le Turkménistan

    André Kamev

    Née de l'éclatement de l'URSS en 1991, la république du Turkménistan est un pays neuf encore " sans Histoire ".
    Pourtant elle s'étend entre la Caspienne et l'Afghanistan sur un territoire où, il y a plus de 5 000 ans, est née l'une des premières civilisations du monde, celle de l'Asie centrale, encore très peu connue. Carrefour sur " la route de la soie ", successivement possession des Empires perse, gréco-macédonien, parthe, arabe, mongol... puis russe et soviétique, cet antique pays est désormais, pour la première fois, indépendant.
    Au coeur de l'Eurasie, à la jonction entre l'Europe, le Moyen-Orient et le sous-continent indien, le Turkménistan occupe une place géostratégique exceptionnelle dont l'importance est accrue par ses très prometteuses ressources de pétrole et surtout de gaz que sa faible population et sa sous-industrialisation permettent d'exporter à plus de 90 %. Par la beauté austère de ses paysages constitués aux 3/4 par le désert du Karakoum, son histoire prestigieuse, l'originalité de sa culture et la richesse de son folklore, le nouvel Etat encore très fermé et secret, disposera d'un réel capital touristique quand il s'ouvrira vraiment au monde extérieur.
    Le présent ouvrage est la première monographie consacrée entièrement au Turkménistan, des origines à l'indépendance, publiée à ce jour en Occident.

  • Il y a des clichés, souvent véhiculés par la presse, autant française qu'africaine, qui ont la vie longue.
    Non, la Sierra Leone n'est pas un pays lusophone, mais, officiellement, anglophone. Non, la Sierra Leone n'est pas peuplée de descendants d'esclaves de la Jamaïque. Ces derniers, les Maroons, représentent moins de 0,5 % de la population sierra-léonaise. Non, la Sierra Leone n'est pas une péninsule aux plages paradisiaques. La péninsule sierra-léonaise, où se trouve l'actuelle capitale. Freetown, et où sont concentrés 90 % des réceptifs touristiques sierra-léonais, correspond à moins de 1 % du territoire national.
    Non, la Sierra Leone n'a pas le charme caraïbe britannique. Même si cela est vrai dans la péninsule de Freetown, cela est faux dans environ 99 % du pays... En envahissant la capitale jusqu'à la protéger de la guerre, en mai 1997 les rebelles sierra-léonais ont réuni les deux Sierra Leone, celle, créole, péninsulaire et minuscule, créée par les philanthropes anglais du XVIIIe siècle et celle, au-delà de la montagne du lion, majoritaire, ancrée dans l'Afrique des griots, des masques, des sociétés initiatiques et des routes transcontinentales.
    Avec le retour à la démocratie, la paix pourra-t-elle enfin consolider cette union scellée dans la douleur ? Cet ouvrage, réaliste et minutieux, rapport à la fois historique, politique, ethnographique, géographique et économique, offre une vision enfin rigoureuse de la Sierra Leone.

  • L'Etat des Emirats arabes unis n'évoque en général, chez les Français, que quelques clichés usés : champs de pétrole en plein désert, fortunes extravagantes, émirs vêtus de l'habit et de la coiffe traditionnels.
    Pourtant, ce pays méconnu est, en réalité, autrement complexe.
    Pays traditionnel, pays moderne, les Emirats arabes unis sont une terre de contrastes marquée profondément par les usages et la culture des bédouins mais aussi par une économie développée et la présence massive d'étrangers qu'imposent l'exploitation des ressources naturelles et la vocation commerciale de certains émirats.
    En 1971, les sept émirats de la côte sud du golfe arabo-persique se sont fédérés pour former le nouvel Etat des Emirats arabes unis.
    C'est à lui qu'incombe aujourd'hui le destin d'une société traditionnelle fondée sur des règles tribales et soudée par les préceptes de l'islam. C'est lui aussi qui a eu la charge d'organiser les transformations radicales imposées par l'afflux des richesses.
    Cet ouvrage retrace le lent cheminement de la Côte de la Trêve jusqu'à son affirmation politique, celle d'un Etat qui tient sa place dans une région stratégique.
    Il pose aussi la question fondamentale de l'avenir d'une société complexe et attachante lorsqu'un jour, les ressources tirées du pétrole et du gaz viendront à manquer. Il constitue l'analyse la plus pénétrante de la longue aventure et du destin d'un peuple courageux.

  • L'Islande

    Michel Sallé

    De plus en plus de touristes visitent l'Islande de nos jours, attirés par sa nature exceptionnelle qui, derrière une image d'unicité, est façonnée par une multitude de paysages. Si ces mêmes touristes s'intéressaient aux habitants de l'île, ils se demanderaient alors comment 320 000 personnes ont pu atteindre un tel niveau de vie sur une île perdue au milieu de l'Atlantique Nord, sans ressources naturelles autres que le poisson et la possibilité récente de fabriquer de l'énergie bon marché ? Comment sont-ils arrivés à disposer d'un réseau routier de bonne qualité sur plus de 100 000 km² (1/5 de la France) ; à entretenir un système scolaire et universitaire performant, ou encore à bénéficier d'un système sanitaire leur donnant une espérance de vie parmi les plus élevées au monde ? Ce livre tente d'apporter des réponses à ces questions, à travers l'histoire, la géographie, la culture et la vie économique et politique de l'île. Les Islandais ont certes récemment défrayé la chronique économique victime d'une crise financière d'une extrême brutalité, qui a semblé mettre à nu la fragilité de l'île. Pourtant, force est de reconnaître que les Islandais ont su trouver une sortie de crise qui était loin d'être prévue. Cela n'a d'ailleurs pas été la seule difficulté rencontrée par les habitants de cette île à travers l'histoire, comme le retrace ici l'auteur, bien que les soixante dernières années aient été une période de forte expansion économique où le niveau de vie a, au moins, égalé celui des Français. Ces soixante « glorieuses » locales viennent après une très longue période noire, allant du XIIIe siècle au début du XXe, faite surtout d'épidémies et de misère, faisant chuter la population islandaise à la fin du XVIIIe siècle, à moins de 30 000 personnes, totalement oubliées du reste du monde, pas loin de connaître le même sort funeste que les établissements créés au Groenland par ses ancêtres vikings. Que s'est-il passé, que se passe-t-il aujourd'hui, pour que de tels résultats soient obtenus ? Peut-on déceler des spécificités liées à l'histoire, ou au faible nombre de la population, à sa nature qui s'impose à tous, ou à d'autres facteurs à découvrir ? Indépendamment des succès économiques, une démocratie comme l'islandaise peut-elle fonctionner comme celle des autres pays occidentaux, aux plans politique ou social ? Michel Sallé se pose ces questions depuis près de 50 ans, et essaye à travers cet ouvrage de trouver des réponses, tout en décrivant cette île exceptionnelle, qui attire souvent pour sa nature unique, mais qui fascine toujours pour l'histoire, le quotidien et la vie des populations qui y ont vécu à travers le temps.

  • La malaisie

    Michel Gilquin

    La Malaisie est méconnue dans les pays de langue française où son histoire se confond avec celle de l'Inde victorienne, dans un imaginaire exotique de cocotiers et de tigres, de rajahs et de coolies.
    Cependant qui ne manipule quotidiennement un téléviseur, un magnétoscope ou un ordinateur dont un des composants porte à coup sûr l'estampille " made in Malaysia " ? Grand producteur d'électronique, la Malaisie abrite également la forêt primaire la plus ancienne de la planète, où des hommes vivent encore à l'âge du feu, de la cueillette, de la pêche et de la chasse. Sur son territoire, séparé en deux par la mer de Chine, coexistent les différentes étapes de l'évolution de l'humanité depuis les populations dites " primitives " jusqu'à celles qui maîtrisent déjà les outils du troisième millénaire.
    A cet éventail de modes de production et de vie, se superpose un arc-en-ciel de peuples, de cultures et de religions, déposés ici comme des sédiments successifs. L'image d'une Malaisie nonchalante à l'ombre de cocotiers, sur les rivages coralliens de mers chaudes ne correspond plus à la réalité d'aujourd'hui. La Malaisie est un pays qui bouge très vite. Cette course vers le futur, cet acharnement à vouloir dépasser les pays industriels développés unissent en un élan productiviste et volontariste les composantes disparates d'une nation née d'un assemblage hétéroclite effectué par l'ancien colonisateur britannique.
    Ce jeune pays est une Fédération de 13 Etats dont chacun a son histoire spécifique et ses traditions propres. Onze de ces Etats occupent la Malaisie péninsulaire tandis que les Etats de Sabah et de Sarawak, immenses, couvrent respectivement le nord et le nord-ouest de l'île de Bornéo. Produit du volontarisme de plusieurs générations qui ont défriché la jungle, créé des cités autour des mines d'étain, développé des plantations sur des millions d'hectares - Kuala Lumpur n'existait pas il y a moins d'un siècle et demi - Terre de communautés différentes, pourrait-elle ne pas être complexe et passionnante ?

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