Traduit de l'Hébreu par Jean-Luc Allouche

Lors de la conférence sur la littérature israélienne animée par Michel Zlotowski au festival Vo-Vf, il a beaucoup été question de David Grossman dont nous adorons l'ensemble de l'oeuvre, le point culminant étant certainement "Une femme fuyant l'annonce". Mais les conversations avec les traducteurs ont dérivé vers un autre auteur israélien Etgar Keret, que nous avons également souvent conseillé, mon préféré étant "7 années de bonheur". Et Etgar Keret est très ami avec un auteur israélien arabe Sayed Kashua dont il a alors été question et que j'ai découvert avec joie. "La deuxième personne" est un très beau roman qui décrit très bien la difficulté d'être arabe en Israël.

Dans ce livre, deux histoires en une qui courent pour se rejoindre en une fin très réussie.

D'un côté, il y a l'avocat, homme de droit arabe qui vit à Jérusalem dans le quartier juif. Un soir dans un roman, "la sonate à Kreutzer", qu'il a acheté d'occasion, il trouve un billet d'amour dont l'écriture est celle de sa femme. Sur la première page, un nom Yonatan. L'avocat, maladivement jaloux, n'aura alors de cesse de retrouver l'amant.

Dans l'autre histoire, Amir Lahav, un jeune arabe, assistant social à Jérusalem, s'occupe la nuit de Yonatan, juif ashkénaze d'une vingtaine d'année,alité dans un état végétatif. Doucement, Amir va s'approprier l'ancienne vie de son patient. Devenir juif, quitter le statut d'arabe le grise.

Une très belle réflexion,  sur le statut des arabes en Israël. Beaucoup de délicatesse, d'humour (presque avec un goût yiddish parfois!)et surtout aucun cliché. A découvrir absolument

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