7 Lieues et 1 livre

Noémie et son tour du monde:

 

Cher(e)s lectrices

et lecteurs,

 

Découvrir l'album jeunesse quel que soit sa forme ou sa langue. Un appel à voyager à travers le livre, partir à la rencontre d'autres cultures et partager le quotidien de ceux qui font rêver nos bambins, voilà le beau projet de Noémie.

 

Nous vous invitons à suivre le grand voyage de Noémie Bellanger qui part pendant huit mois à la découverte de sept maisons d'édition dédiées aux enfants.

 

Vous pourrez l'accompagner dans son merveilleux périple sur notre site ainsi que sur les liens ci-dessous.

  

https://7lieues1livre.wixsite.com/blog

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Le Maroc

"Première escale pour l'aventure 7 Lieues et un livre et premiers gros défis : faire connaître et aimer la littérature jeunesse au Maroc.

Au programme : découverte de l'éditeur Yanbow Al Kitab et de son activité quasi associative et animation d'un atelier d'écriture créative à l'Alliance Française de Safi.

Les voyages forment la jeunesse.

Noémie"

Mosquée Hassan II (Casablanca, Maroc)

Les marchands ambulants de Casablanca :

Quand on est habitué aux marchés et aux supermarchés européens, il est difficile de comprendre qu’il faille arpenter les rues, un peu aléatoirement, pour faire ses emplettes. Les vendeurs ambulants sont légions à Casablanca (et encore, a priori, ils étaient encore plus nombreux il y a quelques années) et vendent tout et n’importe quoi : des fruits et légumes bien sûr mais aussi des noix et autres confiseries, du poisson ou des œufs. 

Nous retrouvons également ceux qui proposent des services comme de se peser en public ou de se faire les sourcils, la nuit tombée, à la lumière d’un smartphone ainsi que ceux qui sont très spécialisés : vendeurs d’oignons ou de fraises chinoises par exemple. Et ce spectacle se répète quasi dans toutes les villes marocaines.

L’atelier « écriture créative » avec les enfants de l’Alliance Française de Safi :

Expérience réussie pour l’animation d’un atelier d’écriture avec les enfants-apprenants français de l’Alliance Française de Safi. Curieux de tout, les enfants se sont pris au jeu de l’écriture et ont laissé vagabonder leur imagination jusqu’à parler d’extra-terrestres dans une histoire de chats. Et quand, à la fin, les enfants veulent ramener le livre à la maison, c’est que c’est gagné, non ?

La mer à Tanger :

Abritant le plus grand port d’Afrique, Tanger se vit au rythme des flots et des vagues qui viennent s’échouer sur ses côtes. Le relief de la ville rend la mer omniprésente au regard, que l’on soit plutôt Océan Atlantique ou Mer Méditerranéenne.

C’est par ces eaux qu’affluent les marchandises, les touristes ou les Marocains qui viennent retrouver leur famille. 

Malheureusement c’est aussi le lieu de trafics en tout genre, du haschich aux clandestins cachés dans les barques bleues de certains pêcheurs. Car, à portée de regard, à 14km, c’est l’Espagne et l’Europe que l’on entrevoit.

La visite de la Petite librairie by Emma à Marrakech :

De Marrakech, tout le monde connaît la place Jemaa El-Fna ou le jardin Majorelle. Le Petite librairie by Emma n’est peut-être pas aussi folklorique (et encore que ça se discute) mais abrite elle-aussi des trésors. Installée au premier étage d’un immeuble d’habitations dans un quartier populaire de Marrakech, à l’écart des touristes, la librairie est spécialisée en ouvrages jeunesse publiés par les éditeurs arabes ou africains. 

Chaque livre est soigneusement sélectionné et même importé par Emmanuelle, la libraire, qui prend à cœur de les présenter un à un. Les difficultés sont nombreuses puisqu’elle doit par exemple trouver des circuits parallèles pour importer directement les livres et user d’arguments pour les vendre à des Marocains qui sont loin d’être de gros liseurs. Si la librairie n’est pas ouverte en continue, faute de visibilité et de passage dans la rue où elle est implantée, elle s’anime au gré des ateliers qu’elle dispense toutes les semaines aux enfants des environs.

Lisbonne

Bon dia! Tudo Ben?

2eme escale de notre tour du monde avec Lisbonne et le Portugal. Je cherche à comprendre d'où vient l'identité très graphique des albums jeunesse portugais. Autre challenge: comprendre la signification du mot saudade.

à très vite pour la suite, Beijos.

Noémie.

Lisboa Praça do Comércio

Eléctricos na Praça do Comércio Sé Catedral

Carnaval de Sesimbra : qui dit février, dit Carnaval. Inspiré des grands carnavals brésiliens, le carnaval de Sesimbra est une fête populaire intense qui regroupe pas moins de 3500 danseurs. Une parade interminable toute en couleurs et en musique défile le long de la côte de cette ville portuaire située au sud de Lisbonne. Les costumes des danseurs et des danseuses vous donnent un peu froid pour eux mais la chaleur humaine est au rendez-vous avec une foule elle-aussi déguisée qui reprend en cœur les musiques en lançant des cotillons. 

Chaque char a son thème, illustrant souvent des problématiques très contemporaines, comme les enjeux écologiques ou les nouvelles technologies. Un des carnavals les plus connus du Portugal.

Quinta da Rigaleira : Sintra est une ville particulièrement atypique et extravagante où un château fort mauresque côtoie un palais jaune et ocre sorti tout droit d’un conte de fée. Impossible de tout visiter en une journée. Mais un endroit à ne rater sous aucun prétexte est la demeure Quinta da Rigaleira. Si l’endroit est connu pour son puit sans fond inspiré de l’enfer de Dante et qui est en réalité la porte d’entrée d’un réseau labyrinthique de tunnels, il recèle bien d’autres secrets.

Si vous avez de la chance, vous aurez peut-être droit, comme moi, à un temps légèrement brumeux qui renforce l’atmosphère féérique du parc qui entoure le château. Là où palmiers et fougères géantes cohabitent, magnolias et hibiscus en fleurs, on se sait plus trop dans quel monde on vit mais on s’émerveille en foulant chaque chemin.

Obidos : village typique portugais avec ses maisons blanches parcourues de rais bleus, rouges et jaunes qui se parcoure du regard du haut de la muraille qui l’entoure. Obidos a été déclaré ville créative de littérature par l’Unesco en 2015. Et c’est vrai que ce charmant petit village peut en étonner plus d’un car il possède pas loin de quatre librairies dans son cœur et ses alentours, toutes plus improbables les unes que les autres. La première est dans une église légèrement réaménagée pour l’occasion avec une structure en bois qui permet d’accueillir les livres sans dénaturer l’endroit. 

Le fado : le soir, quand la nuit tombe, des voix résonnent à travers de lourdes portes en bois. Des voix puisant leur force dans la tristesse et la mélancolie, dans la saudade, cette émotion typiquement portugaise qu’on ne serait traduire autrement qu’en chanson. On pousse la porte en bois et on découvre l’auteur de ce cri du cœur, on s’étonne d’un corps frêle quasi en transe. Pour profiter du spectacle, il faut se faufiler entre les musiciens, un guitariste classique et un qui joue de la guitare portugaise, proche de la mandoline. 

On s’assoit, un verre de vin rouge à la main et on se laisse aller à la nostalgie en regardant le liquide balancer sous ses yeux.    

Rwanda, Muraho

Muraho Liragif!

Et voici l'Afrique, la vraie, celle du Sud du Sahara, celle des singes et du bon café. Celle de la savane et des forêts tropicales.

Le Rwanda et ses habitants sont surprenants. Les contacts se multiplient et les aventures aussi.

Noémie

Les Galeries d'art de Kigali : s’intéresser aux albums jeunesse amène forcément à considérer les arts et la culture comme un tout. Dans un pays où le génocide de 1994 a détruit la seule école d’art et où cette même école est encore aujourd’hui en refondation, il est intéressant de noter que la ville de Kigali compte plusieurs galeries d’art.

Dans ces dernières, des groupes d’artistes autodidactes exposent à la fois leurs œuvres, souvent très colorées et très empreintes des traditions locales, et offrent des ateliers aux enfants des environs pour initier ces derniers aux arts (peinture, musique…). Quelle que soit votre sensibilité artistique, l’art devient alors proche avec des artistes toujours présents pour vous accueillir et vous expliquer leur travail.

Le Parc de l'Akagera : autre incontournable du Rwanda, le parc de l’Akagera. À bord d’un 4x4 le plus tout-terrain possible (saison des pluies oblige, nous nous sommes tout de même embourbés deux fois), j’ai tenté de me familiariser avec la faune locale. Si l’éléphant reste lointain, paisiblement occupé à manger son petit-déjeuner, la girafe, elle, n’hésite pas à prendre la pose.

La canopée de la forêt de Nyangwe : ce n’est pas tous les jours que j’ai l’occasion de me promener dans une forêt tropicale à 60 m d’altitude. Et pourtant, en compagnie d’amis franco-rwandais, je suis la seule à ne pas avoir eu le vertige. Entourée par la verdure, le lac Kivu au loin, je peine à imaginer que des éléphants ont pu vivre ici quelques décennies auparavant.

Comme une envie de courir sur le pont branlant et d’osciller sur cette balançoire géante.

Le parcours est à l’image du Rwanda, tout en reliefs et en nuances de vert. Entre les vastes plaines et les collines d’arbres épars sur lesquels on espère voir un troupeau d’éléphants ou de rhinocéros, des lacs s’étendent où chaque îlot cache le corps d’un hippopotame ou d’un crocodile à la recherche d’un peu de fraîcheur.

Le Women's Center de Nyamirambo : si je me suis rendue dans ce lieu initialement pour participer à un cours de cuisine, j’ai finalement découvert bien plus que ça avec un endroit très symbolique de l’entraide rwandaise. Ce centre est l’accomplissement d’un groupe de femmes du quartier de Nyamirambo, des mères pour la plupart, qui, en joignant leurs efforts et en mettant en commun leurs savoirs ont réussi à créer un endroit où des cours d’alphabétisation, d’informatique ou encore de couture sont donnés gratuitement. Peu à peu, avec un peu d’aide extérieure, elles ont réussi à devenir autonome financièrement en vendant leurs créations et en proposant des visites du quartier et des cours de cuisine et de couture à destination des touristes. Avec en plus l’installation d’une bibliothèque pour proposer des ateliers autour de la lecture aux plus jeunes, que demander de plus ?   

INDE

Allô!?! Vanakam à tous!

J'enfile mon plus beau sari pour vous conter les légendes indiennes. Dur de trouver ce qui unit le Nord et le sud, l'Est et l'Ouest du pays. 22 langues officielles et même la nourriture varie énormément d'une région à l'autre. peut-être un même goût pour le criquet.

Bises au massala.

A très vite.

Noémie

online & on the way: mahout & elephant...

La nourriture épicée : demandez à n’importe quel Indien ce qui fait la diversité de ce pays-continent et deux choses reviendront invariablement dans sa bouche : les langues et la nourriture. Lorsque l’on vient d’Europe et qu’on est habitué aux naans au fromage et autre chicken tikka massala servis dans les restaurants indiens, se retrouver à Chennai peut paraître comme un saut dans l’inconnu. À rappeler d’ailleurs ici que le chicken tikka massala a été inventé à Londres, comme un plat adapté au palais british. Les traditions culinaires varient donc grandement d’une région à l’autre, d’un mélange d’épices à un autre. À Chennai, tout est au massala, du massala dosai (une sorte de crêpe garnie de pommes de terre épicées) au thé « chai massala ». La nourriture sert souvent de liens au sein des familles avec, au bureau, chacun apportant avec lui sa gamelle, la fameuse « lunchbox ». Il ne faut donc pas s’étonner de retrouver des livres pour enfants sur les plats typiques indiens, notamment tous les pains indiens : dosai, chapati, roti… Un amuse-bouche parfait qui ouvre l’appétit.

Le sari et l'importance des vêtements : amateur de mode et de tissus précieux, Chennai est une ville rêvée pour vous tant elle regorge de magasins de vêtements traditionnels. Il suffit de se promener dans les rues pour se rendre compte de l’importance que les Indiens accordent à leur tenue vestimentaire, toujours harmonieusement colorée. Diverses étoffes mais aussi diverses formes qui dénotent de la symbolique derrière chaque vêtement. Selon les régions par exemple, le sari, longue bande de tissus que l’on enroule autour de soi, varie. Dans la région du Kerala au Sud-Ouest de l’Inde par exemple, il est traditionnellement blanc avec de simples ornements. À Chennai, pour les femmes, il est de rigueur de se couvrir les jambes et les épaules. D’où l’existence de divers pantalons (larges comme le salwar ou serrés comme le churidar) et tuniques (kurta) cousus dans des tissus légers pour supporter la chaleur suffocante. Autre spécificité de la région, la pluralité des motifs et des couleurs découlent d’une tradition centenaire de teinture à la main sur tissu.   

La vie dans les rues de Pondichéry : Chennai est une ville chaotique et tourbillonnante qui ne vous laisse pas de répit, à l’image de ces semaines où on travaille 6 jours sur 7 au bureau. Alors, quand un week-end de deux jours se présente, il faut sauter sur l’occasion et savoir en tirer parti. D’où une petite virée à Pondichéry, l’ancien port colonial français. Là-bas, ce n’est pas tant la présence sporadique de l’influence française qui interpelle et surprend que les scènes de vie quotidienne dans les rues des quartiers résidentiels. 

La relative absence de circulation permet aux enfants de jouer au cricket. L’accablante chaleur quant à elle oblige à se poser sous l’ombre d’un arbre ou d’un bougainvillier pour faire une partie d’échecs, dessiner des kôlams sur les seuils des portes avec de la farine de riz ou encore improviser un pressing sur un trottoir, fer à repasser à la main.

La visite de l'imprimerie de Tara Books : probablement l’un des points d’orgue de mon voyage, en tout cas une visite que j’attendais avec impatience. Tara Books est un éditeur jeunesse dont la notoriété est aujourd’hui internationale grâce à la singularité de sa production et à certains de ses titres entièrement fabriqués à la main. La méthode utilisée est ici celle de la sérigraphie qui implique une séparation des illustrations couleur par couleur et autant de passage de pinceau qu’il y a de couleurs. 

Les pages sont ensuite assemblées et reliées, tout est manuel, jusqu’au collage de la couverture. Le résultat est un véritable objet d’art avec un papier texturé comme on aime en toucher et des couleurs vives comme on aime en voir.

Nouvelle Zélande

Hello l'équipe de Liragif!

How are you?

Mon stage chez les kiwis se termine. Que de nouvelles choses apprises chez Gecko Press, cet éditeur qui publie 85% de traductions pour que les pays anglo-saxons puissent s'ouvrir au monde. Entre universalité et particularisme de chaque culture, j'ai notamment découvert que les jeux de l'oie ou du cadavre exquis n'avaient rien d'universel.

Noémie

Wellington et son front de mer:  demandez à n’importe quel habitant de Wellington (voire de Nouvelle-Zélande) quelle est la dernière chose à faire avant de quitter la capitale kiwi et il vous répondra probablement comme mes collègues : il faut manger un fish and chips le long du front de mer (waterfront). Rarement j’ai eu au cours de mon voyage un endroit qui m’a autant fasciné que ce dernier, j’ai même pensé à le prendre en photo quotidiennement. Wellington est une petite capitale, où tout le monde se croise, se salue et se reconnaît, on y a vite fait le tour. Si la taille de la ville en fait un endroit très commode et agréable à vivre, son front de mer est probablement le petit élément qui apporte toute sa singularité et sa magie à cet endroit. Pourquoi ? Difficile à dire. Peut-être parce qu’il est si changeant. Quelle que soit l’heure de la journée, la couleur de l’eau n’est jamais la même, ni celle des reliefs au loin. Le front de mer évolue aussi selon la capricieuse météo de la capitale, d’ailleurs surnommée Windy Welly en raison de la force de ses bourrasques de vent. Quelques courageux se risquent à marcher ou à courir le long de la côte quand le vent se lève et emporte tout sur son passage, à commencer par les skateurs.    

La rencontre avec l'autrice Joy Cowley : bien que je ne sois pas très fan de la littérature jeunesse néo-zélandaise que je trouve souvent datée par rapport à ses homologues anglo-saxonnes, il est des figures incontournables. Joy Cowley en fait partie. Cette autrice écrit depuis près de 30 ans et, aujourd’hui âgée de 81 ans, sa popularité ne faiblit pas (ni son énergie d’ailleurs). Ayant publié des ouvrages pour l’éditeur chez qui je faisais mon stage, je l’ai suivi lors d’un de ses rendez-vous lecture avec son public. Première surprise : Joy Cowley est une autrice transgénérationnelle. Ses lecteurs la suivent depuis leur enfance, grandissent avec elle puis passent le flambeau à leurs enfants. Lors des dédicaces, on ne sait plus trop qui sont les plus emballés entre les enfants et leurs parents. Et quand elle commence à raconter ses histoires, ses bras s’animent et sa voix prend toute sorte d’intonations. Elle avoue même que certaines de ses histoires n’ont de sens qu’à l’oral. Une grande dame !

Nous avons donc été tester ces dernières directement dans une salle de classe et ce ne fut pas de tout repos. Pas de grillage autour de l’école et des enfants qui vont et viennent entre l’intérieur et l’extérieur de la salle de classe, souvent en chaussettes ou même pieds nus. Et les activités deviennent tout à coup beaucoup plus modulables. On comprend que, là encore, il faut laisser de l’espace pour que les professeurs et les enfants puissent se les approprier. Cela donne des résultats surprenants mais c’est aussi ça le charme de l’imagination des enfants.

La visite d'une école : en Nouvelle Zélande, l’éducation est sensiblement différente par rapport à celle avec laquelle nous grandissons en France. Pas question de brusquer les enfants ou de leur faire la moindre remarque, ils doivent être libre de s’exprimer et de grandir à leur rythme. Dans les faits, il était bon de vérifier ce que cela pouvait donner directement dans les écoles. Et cela tombait bien puisque je travaillais sur des activités pour encourager à la lecture. 

La région de Taranaki : la Nouvelle-Zélande, ce n’est pas la porte à côté. Alors un road trip s’imposait pour découvrir quelques paysages kiwi qui font tout le charme et la célébrité de cette île du bout du monde. L’endroit que je retiendrai tout particulièrement est probablement la région de Taranaki tout autour de la ville de New Plymouth, sur la côte ouest de l’île du Nord. Là-bas, on se promène sur des plages de sable fin et on enfonce ses pieds dans sa noirceur. On le distingue à peine sur la photo

mais, au loin, le Mont Taranaki veille, recouvert en hiver d’une épaisse couche de neige sur son sommet. Le volcan est là, planté au milieu de nulle part, entre quelques collines et pas mal de plaines. Si bien que quel que soit l’endroit où on se trouve dans la région, on le contourne et il nous domine. Une force de la nature.

CHILI

Le coucher de soleil sur les dunes de Concon : vu du mirador 21 de Mayo de Valparaiso, les dunes de Concon ont déjà quelque chose de surnaturel. Coincées entre Renaca et Concon, elles ajoutent une autre couleur à la palette de nuances déjà présentes sur les cerros de Valparaiso. Lorsqu’on marche sur les dunes, on est tout de suite interpellé par les immeubles tout proches de part et d’autre, et notamment ceux de Renaca, tout en escaliers. On se doute également que ça n’a pas toujours été ainsi. Aujourd’hui, cela les rend peut-être encore plus magiques. Tout ce sable amoncelé à cet endroit précis, ce sable dans lequel on ne sait jamais si on va s’enfoncer ou s’il va nous retenir à sa surface. On peut aussi choisir de louer une planche ou d’apporter avec soi la sienne. Et glisser sur les vagues de sable. Mais le plus beau spectacle est encore le soir avec le coucher du soleil. En quelques minutes, les dunes se muent, changent de couleurs, scintillent. La végétation rougeoie alors que le soleil s’enfonce dans le Pacifique au loin. Magique !   

La feria de los libros du collège Los alerces : le Chili est un pays particulièrement libéral où tout se monnaye au prix fort. Par exemple, l’école. Différents systèmes scolaires cohabitent au sein du pays selon les moyens financiers des parents. Parmi les écoles les plus renommées, on va par exemple retrouver les écoles étrangères comme les lycées français ou les écoles allemandes. Et dans la médiation du livre jeunesse, les écoles jouent un rôle clé. Tout d’abord, parce qu’elles sont quasi les seules à disposer de bibliothèques dignes de ce nom, les bibliothèques municipales étant souvent peu fréquentées et peu développées. C’est également dans les écoles que l’on retrouve un grand nombre de foire du livre. Pendant plusieurs jours, généralement trois, éditeurs et libraires installent des stands dans le hall et exposent leurs livres. Le principe est que les enfants viennent voir les livres, s’il y en a un ou plusieurs qui leur plaisent, ils demandent le prix qui va être noté sur un petit papier et le lendemain ils reviennent avec l’argent pour acheter le livre. Parfois, l’école est plus ouverte et les parents viennent directement à la sortie des classes. Des opérations souvent chronophages pour les éditeurs mais ceux-ci doivent assurer leur présence et leur visibilité.   

La visite de la galeria Plop : La visite de la galeria Plop : située en plein cœur de Santiago, la galeria Plop est une galerie et une librairie spécialisées en livres illustrés et en illustrations. Dans la partie galerie, on trouve des expositions d’illustrateurs jeunesse chiliens ou hispaniques. Dans la partie librairie, il y a à la fois un grand nombre de livres illustrés en espagnol, que ce soit des livres chiliens ou étrangers, pour les petits comme pour les grands. On peut y dénicher également des originaux d’artistes et des tas de produits dérivés autour de l’illustration au Chili. Bien plus qu’un lieu de vente, la galerie Plop est un des lieux moteurs dans le développement actuel de l’illustration au Chili en proposant un endroit d’échanges et de rencontres entre les amateurs de dessins et les professionnels. Sont organisés hebdomadairement des ateliers créatifs autour de l’illustration ainsi que des événements de lancement autour de livres. L’endroit est également piloté par des professionnels du livre illustré qui continuent de réfléchir à de nouveaux projets éditoriaux à l’image de la couverture de Brigida, une revue de BD faite par des femmes illustratrices. 

Les selknams : il y a quelque chose de captivant à voir les photos des visages et des corps peinturlurés des anciens hommes selknams. Aujourd’hui disparue, cette tribu faisait partie des indigènes qui peuplaient autrefois le Chili, dans sa partie la plus australe, la Terre de Feu. Avec l’arrivée des colons européens en quête de richesse, ils ont été décimés. Ceux qui survécurent aux massacres furent souvent les victimes des nouvelles maladies que les Européens transportaient. Symbole actuel de l’identité indigène chilienne, ils restent assez méconnus en dehors du Chili, tout comme les tribus Mapuche par exemple. Au Chili, on les retrouve un peu à toutes les sauces, des graffitis aux peluches pour enfants.   

CANADA

Les baleines de Taboussac : de Montréal, ce n’est pas la porte à côté, il faut bien compter près de 6h de route, ferry compris. Mais Tadoussac, charmante petite bourgade qui ne semble vivre que l’été, offre un spectacle que beaucoup cherchent à voir : ses baleines. Matin et après-midi, des bateaux embarquent des curieux venus en nombre avec l’espoir d’apercevoir les cétacés dans la baie de la rivière Saguenay. Il faut alors tendre l’oreille et ouvrir grand les yeux. Le plancton doit être particulièrement bon puisque la baie est le point de rendez-vous de plusieurs espèces de baleines (petit rorqual en pleine chasse comme sur la photo, rorqual commun, baleine bleue et baleine à bosse) ainsi que des bélugas et des phoques. Cette journée-là, les conditions climatiques étaient particulièrement problématiques et un épais brouillard semblait vouloir s’imposer. L’observation n’en fut que plus spectaculaire, demandant une attention de tous les instants et une ouïe fine pour pouvoir orienter l’embarcation en direction des mammifères marins.

L'humour québécois : Français et Québécois, avons-nous le même humour ? Souvent, je me suis posée la question. Chez Les 400 coups, où je faisais mon stage, la collection Grimace m’avait conquise avant même ma venue au Québec par son humour grinçant, un peu sarcastique même parfois. Une grenouille avec du poil aux pattes ou une poule dépensière qui finit en escalopes de poulet, cela ne peut prêter qu’à la surprise. Au fur et à mesure que je me promenais dans les rues de Montréal, j’ai aussi été étrangement attirée par toutes les affiches et les écriteaux à l’humour plus que douteux, voire « osé ». L’humour noir, la sexualité, l’absurdité, tout y passe et rien n’est omis. Une vraie liberté de ton et de parole qui a quelque chose de rafraîchissant et qui explique probablement pourquoi les Québécois nous apparaissent comme étant plus ouvert d’esprit et plus dans la proximité que nous Français.

Les chutes du Niagara : rarement un endroit ne m’a autant repoussé que les chutes du Niagara. Partant avec un a priori assez négatif je dois l’admettre, les chutes du Niagara sont pour moi le lieu emblématique de la décadence humaine. Si les chutes en elles-mêmes sont exceptionnelles, le décor qui a été construit tout autour les recouvre de virtualité. Tout paraît faux. Les touristes affluent en masse d’un côté ou de l’autre de la frontière entre le Canada et les USA. Ils ont droit à tout un tas d’attractions, de restaurants et de boutiques souvenir pour se divertir et leur faire dépenser tout leur argent.

Comme si le spectacle des chutes ne pouvait suffire à faire leur bonheur. Et les files d’attente ne cessent de s’allonger pour être parqué sur un bateau comme des centaines d’autres touristes. Pour ma part, j’ai eu l’impression d’être au tout début du film d’animation Le Voyage de Chihiro. Dans ce dernier, on voit les parents d’une petite fille devenir des cochons bien gras après s’être empiffrés de nourriture ensorcelée. Et moi je surveillais tout le monde aux alentours en m’attendant à voir débouler une horde de cochons sauvages à chaque coin de rue.

Amérique du Nord : quand j’ai débarqué au Québec, la première chose qui m’a surprise a été de constater à quel point l’influence nord-américaine pouvait se faire ressentir. C’est assez logique me direz-vous. Cependant, je ne m’attendais pas à trouver là-bas de grandes résidences à la Desperate Housewifes ou encore les camions trucks gigantesques qui parcourent les interminables highways. Même chez l’éditeur où j’étais, j’ai eu entre les mains un livre sur la thématique d’Elvis Presley qui m’aurait très certainement davantage parlé si cela avait été sur Johnny Hallyday. L’influence américaine se ressent jusque dans la « parlure » québécoise. Bien que très attachés au Français, les Québécois emploient couramment de nombreux anglicismes dont ils ont le secret : cute, party, fun...

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